Traditionnellement, on retient de la crèche de Noël les personnages représentant l’enfant Jésus, Marie, l’âne, le bœuf ainsi que les bergers. Mais dans le Sud, ces petites scènes sont historiquement complétées par d’autres santons que l’on méconnaît parfois…
Le Sud est-il en train de délaisser l’une de ses plus profondes traditions ? Dans beaucoup de crèches, on garde Jésus, Marie, Joseph, les animaux et les bergers, au point d’en oublier les personnages les plus évocateurs.
Depuis, le procédé a beaucoup évolué, mais il reste profondément ancré dans notre territoire. L’exemple le plus parlant étant celui de Lucéram et de son incontournable Circuit des Crèches, chaque année.
Evoquons « lou conse » en provençal. Le maire arbore fièrement son écharpe. Sa signification est extrêmement forte, puisqu’il « officialise » la naissance de Jésus en l’inscrivant à l’état civil. Nous pouvons également ajouter deux rôles à bien distinguer, le Ravi et le Pistachié.
Quelles différences ?
Il est important de bien faire la différence, car le premier est le simplet du village et son porte-bonheur. Celui qui a seulement sa joie à offrir, vivant dans la pauvreté. Non-croyant, il exprime tout de même son ravissement à la vue de la scène qui se produit sous ses yeux. Son compère, Lou Pistachié, est un paresseux gourmand. Son caractère est multiple, à la fois poltron, fainéant, un peu naïf. Ce valet de ferme apporte avec lui deux paniers garnis de victuailles.
Connaissez-vous le boumian et sa boumiane, ce couple de bohémiens qui fascine autant qu’il inquiète ?
Ils représentent ces marginaux parfois décriés ou jugés. On leur prête des « pouvoirs », tout en les disant voleurs et kidnappeurs d’enfants ! Considérés comme les seuls « méchants » de la crèche, ils sont néanmoins étroitement liés à d’autres figurines remarquables.
Le miracle du père aveugle
La légende veut que ces deux individus aient enlevé le jeune Chicoulet. Cherchant son ainé, son père aurait tellement pleuré qu’il en serait devenu non-voyant. C’est ainsi qu’il se rend à l’étable pour implorer le nouveau-né Jésus de l’aider à retrouver son fils. Les Boumians, eux aussi présents, décident de le lui rendre. Un premier miracle, suivi d’un second, l’aveugle retrouvant la vue. Il reconnaît alors sa progéniture, et tous les deux tombent dans les bras l’un de l’autre.
Cette liste des personnages « oubliés » peut encore s’allonger avec le tambourinaire et son instrument. Sujet majeur, il est indispensable en tant que meneur de la farandole. On retrouve pareillement l’Arlésienne, le joueur de boules ou bien monsieur Jourdan et la Margarido. Autant de protagonistes qui rendent les crèches provençales uniques !






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