Micro à la main, ignorant les prompteurs, répondant aux questions spontanées de la salle… Le 29 janvier, Christian Estrosi, très en verve, donnait un meeting devant 2000 « Amis du Maire » au Palais de la Méditerranée. Un exercice qu’il a souhaité dépoussiérer : voici les 5 punchlines à retenir, puis 3 indiscrétions…
1 - « Je veux des conversations cash avec vous »
On l’a bien compris, le Maire entend bousculer ses habitudes de communication en cette année 2024, aidé par un cabinet partiellement remanié. Accompagné d’un décompte d’une demi-heure projeté sur les écrans géants, Christian Estrosi a proposé aux spectateurs de l’interpeller spontanément sur des thématiques municipales.
Le lendemain, pour ses voeux aux seniors depuis le Palais Nikaïa, son allocution n’a duré que cinq minutes, au bénéfice d’échanges directs avec les différents Niçois présents. Reste à voir sous quelle forme, mais il a également promis que ses déplacements sur le terrain seront désormais « plus spontanés, avec des questions-réponses » improvisées.
2 - « Avec des amis comme ça, Nice n’a pas besoin d’ennemis »
La cible de cette rentrée, ce sont les élus Verts de l’opposition : « l’écologie est un sport de chambre pour eux, alors que c’est sérieux. Ces wokistes s’opposent à tous les projets que les Niçois attendent. Avec des amis comme ça, Nice n’a pas besoin d’ennemis. Comme on dit, les grandes causes attirent les petits esprits. Ces gens-là sont perdus ». Et bonne année…
Le « Estrosi nouveau » reste bagarreur quand il le faut. En plusieurs points du pays, les tarifs autoroutiers vont encore grimper. Pas au péage de Saint-Isidore. « J’ai pris mon téléphone, et j’ai discuté avec le président de Vinci. Je l’ai menacé d’un rapport de force : pour une fois, il a été constructif ».
3 - « Ma réponse, elle est dans le journal »
« Ce week-end, le Journal du dimanche, se basant sur un travail sérieux, a encore estimé que c’est Nice la grande commune de France où l’on vit le mieux. On a aussi doublé la valeur du patrimoine communal depuis 2008 : c’est notre assurance-vie. À ceux qui critiquent l’attractivité de notre ville, la réponse est dans le journal. Mais aussi du côté de l’Insee. Nice gagne 5000 habitants ces dernières années, la Métropole 15.000″.
4 - « Je ne me défilerai pas »
Dans l’assistance, deux Niçoises ont pu prendre le micro et dénoncer la situation de la cité des Moulins. Même constat pour les deux : ce quartier de 10 000 âmes est passé « d’un petit paradis où il faisait bon vivre, à un endroit que tout le monde évite, où ça tire et ça deale dans tous les coins ».
« Je suis malheureux de cette situation, alors que l’on y a tant fait !» a entamé Christian Estrosi, rappelant les millions mobilisés pour la rénovation urbaine, l’arrivée du tramway, le soutien aux nombreuses associations…
« Moi, je ne lâche rien. Mais il faut savoir de quoi nous parlons. Nous ne sommes pas confrontés à de la délinquance : c’est au crime organisé que nous faisons face ».
Réseau international « qui profite des clandestins, des plus jeunes, 18 ou même 16 ans, pour organiser ici le marché de la drogue, régler les comptes, etc » L’élu s’est félicité de la nouvelle « loi immigration », certes en partie censurée par le Conseil constitutionnel, « mais qui permettra de faciliter les expulsions, si l’État s’en donne les moyens ».
Travaux, forces de l’ordre… Tel que rapporté dans cet article, le Maire en a profité pour faire plusieurs annonces.
5 - « Que l’on nous donne enfin les armes de la guerre »
Il a conclu ce volet sécuritaire par un tacle à l’endroit de la CNIL, cette autorité spécialisée qui refuse l’emploi de la reconnaissance faciale. « Je vous le dit, il s’agit d’une institution pourrie et dépassée. Que le gouvernement nous donne enfin les armes de la guerre contre les trafiquants !»
Indiscrétions
Souvent Maître Peyrat varie, bien fol qui s’y fie. Il y a quelques jours, à l’occasion de sa galette, l’ancien édile de Nice (1995-2008) appelait à faire battre en 2026 le premier magistrat en place, avec une alliance d’extrême droite incluant notamment le Rassemblement national et Reconquête. Lundi soir, il applaudissait le discours de Christian Estrosi, assis au premier rang. Essayez de suivre, bonnes gens.
Retour au bercail. « Quel bonheur de terminer ce mois des voeux avec vous. Mon année commence réellement ce soir !» a lancé Christian Estrosi en guise d’entame. « Je salue mes amis de toujours, les plus récents, et ceux qui sont de retour, après des périodes où l’on a pu cesser de se comprendre…»
Olivier Bettati opine du bonnet, lui qui s’était présenté contre le Maire à l’occasion de l’élection de 2014, et avec qui la « guéguerre » a sévi des années durant. Depuis la rentrée, il a rejoint la Ville en tant que « conseiller spécial », après avoir mené une concertation publique au Port Lympia en 2022.
Merci de quitter l’aventure. « Clément Beaune, moi, je n’en veux plus !» Depuis le dernier remaniement gouvernemental, tous les portefeuilles n’ont pas été pourvus. Le ministre délégué chargé des Transports sortant va-t-il sauver sa place ? D’après bien des journaux nationaux, cela semble compromis. Pour le plus grand plaisir de Christian Estrosi : « la région parisienne se gave en gardant pour elle bien des financements, au détriment des collectivités locales. Il en est aussi responsable. Avec l’aménagement des nouvelles lignes de tramway, nous aussi, nous menons pourtant le combat de la transition écologique ».



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