Bien que très réputé pour sa qualité de vie, les résidents voient aujourd’hui des problématiques émerger dans le quartier Cimiez, principalement liées au stationnement et aux nouvelles constructions. Témoignages.
Refuge de tranquillité avec ses villas et ses jardins, Cimiez connaît quelques mutations. Si les ruelles de l’ancienne cité romaine de Cemenelum continuent d’attirer les familles à la recherche de quiétude, la circulation, la multiplication des projets immobiliers et le manque de certaines infrastructures pèsent parfois sur le quotidien des habitants.

Architecte et résident depuis cinq ans, Hubert Brouta constate un changement de la démographie. « Globalement, le quartier semble avoir rajeuni. Il y a beaucoup de familles avec des enfants qui habitent ici et qui sortent pour aller à l’école. »
Pour cet habitant du bas de Cimiez, l’évolution du secteur est aussi marquée par une hausse des véhicules sans permis. « Avant, les jeunes arrivaient en mobylette. Aujourd’hui, on a compté jusqu’à quarante-deux voitures sans permis sur seulement trente mètres. Cela crée un vrai problème de stationnement pour les résidents. »

Hubert propose une solution concrète : l’institut Stanislas pourrait, selon lui, offrir un parking pour les élèves, afin de libérer de la place pour les habitants. « Nous avons de plus en plus recours aux vélos électriques, mais la circulation sur les grandes artères reste dangereuse. Il faudrait mettre en place davantage de pistes cyclables, même dans les rues secondaires si besoin, pour que les familles puissent se déplacer en toute sécurité. »
Des nouveaux projet immobiliers qui font jaser
Pour Michèle Bienvenue, riveraine de longue date, le problème majeur, c’est l’autorisation récente de construire deux immeubles dans l’oliveraie de la Fondation Pauliani, sur l’avenue des Arènes. « Nous avions un bel espace vert avec de magnifiques oliviers centenaires. Mais la mairie a donné l’autorisation de tout détruire pour construire des immeubles qui vont défigurer le paysage. » Des immeubles de quatre niveaux, validés par l’architecte des bâtiments de France :

Michèle et ses voisins redoutent également que les travaux n’aggravent les fissures déjà présentes sur leur villa niçoise, datant du début du XXe siècle. « Nous avons peur que notre ancienne maison ne résiste pas aux tractopelles…»
Cette situation met en lumière le conflit entre la préservation du patrimoine local et les ambitions de développement immobilier, à l’image du futur projet Covivio, à Brancolar, qui fait également beaucoup parler. « C’était un quartier bien tranquille, mais avec tous ces nouveaux immeubles, nous sommes en train de perdre tout ce qui faisait le charme de Cimiez !», conclut Michèle, avec amertume.
Circulation saturée et « manque d’infrastructures »
Eve Scoffié, habitante du quartier depuis près de vingt ans ans, pointe de son côté la saturation croissante du réseau routier. « Cela reste un bon quartier, mais la circulation est devenue très compliquée. Nous sommes devenus un itinéraire bis entre les axes Nord-Sud et Est-Ouest. La fréquentation a explosé. »
Eve regrette aussi le manque d’infrastructures pour les familles. « Les Arènes de Cimiez accueillent beaucoup de monde, mais il manque des terrains de sport et des aires de jeux pour les enfants. On doit développer des infrastructures collectives pour la population, afin que l’on n’ait pas à aller si loin pour trouver des services. »
La hausse des tarifs des transports en commun, combinée à l’augmentation de la taxe foncière, est également pointé du doigt… « On ne peut pas augmenter les tarifs sans améliorer l’offre de transport. Nous n’avons pas la chance d’avoir le tramway ici, il faut donc que les bus soient accessibles et abordables. »
Face à ces préoccupations, les riverains s’appuient sur trois comités de quartier engagés, qui agissent dans des zones bien définies. « Nous avons la chance de pouvoir compter sur des personnes impliquées, comme Nathalie Dupont ou Clémentine de Charnacé Pastorel, qui se battent au quotidien pour défendre nos intérêts et essayer de préserver au mieux notre secteur. »



Beaucoup souhaiteraient rouler à velo. Une piste cyclable est demandée le long de l’avenue de Cimiez par le Collectif Cimiez Velo (v. page facebook).