Le maire de Nice a déjà annoncé la date de la "reprise cultu­relle": ce sera, au plus tard, le 15 septembre. D'ici là, les artistes du CAN ne comptent pas chômer !

La résignation et la mélan­colie, très peu pour eux. Voici quelques semaines qu'une dizaine de copains Niçois -- comédiens, musiciens, photo­graphes… -- se sont regroupés pour créer le CAN, le collectif des artistes niçois. Déjà soutenus par plusieurs centaines de Niçois sur les réseaux sociaux, ils comptent bien mettre leur folle énergie au service de la culture azuréenne, crise ou pas crise. Pour se faire, ils donnent notamment rendez-​vous aux badauds pour des happe­nings enlevés et malins : les "coups de Can".

On a pu en découvrir un premier ce vendredi 26 février, diffusé en direct sur Facebook. Entre midi et deux place Masséna, face au "Carnavalovirus", les passants ont pu apprécier la perfor­mance musicale de la soprano Diane Frémaux, accom­pagnée de la violo­niste Marie-​Caroline Regottaz, cette dernière portant en guise de clin d'oeil (et d'hommage aux victimes du Covid) la robe Pandemic, conçue à partir de 550 masques chirur­gicaux. Toutes deux ont inter­prété La Mort de Didon, de Henry Purcell.

Essai trans­formé pour le rugbyman Franck Viano, ancien patron du quotidien Nice-​Premium et "monsieur commu­ni­cation" du CAN : "notre collectif est né entre les deux confi­ne­ments, dans cette ambiance parti­cu­lière" rembobine-​t-​il. "Malgré tout, il montre ce qui sont pour nous des choses essen­tielles : la place fonda­mentale de la culture ici, mais aussi à quel point les Niçois sont ouverts aux autres, positifs".

"Ce coup de CAN, c'est le premier d'une longue série. On va continuer à donner de la voix…" annonce-​t-​il d'emblée. Après avoir pu apprécier le programme culturel "Mon été à Nice" il y a plus de six mois, les artistes azuréens se sont retrouvés privés de tout espace d'expression. Pas question pour autant d'abandonner leur lien avec le public : "c'est comme ça qu'est arrivée l'idée de ces happe­nings. On est prudents, on respecte bien toutes les consignes, et on arrive à donner un peu de gaieté aux gens" poursuit Franck Viano, qui annonce "d'autres saynètes, avec du tradi­tionnel niçois bientôt, des mimes… Des choses sympas!"

Le maire de Nice a déjà annoncé la date de la "reprise cultu­relle": ce sera, au plus tard, le 15 septembre, "irrévo­ca­blement". D'ici là, les artistes du CAN ne comptent pas chômer. "Nous travaillons sur un spectacle qui serait donné sans doute depuis le théâtre Lino Ventura et qui ferait l'objet d'une captation en direct". Franck Viano le reconnaît, "l'idée n'est pas de monnayer cette idée, ce n'est pas possible. On ne compte pas faire dix millions de vues non plus. Mais plutôt montrer ce qu'on sait faire de nouveau, être dans un vrai moment de partage".

Parallèlement à cela, le collectif a déjà soumis un dossier à la Ville pour parti­ciper au programme "Nice 100% Culture à l’Ecole" avec une initiative originale. "Nous avons développé l'idée d'un MédiArts qui ferait découvrir aux enfants plusieurs disci­plines. Un tiers des petits pourrait travailler au décor du spectacle, aux costumes. Les autres prépa­re­raient leur perfor­mance (lyrique, théâtrale…), alors que le dernier tiers serait avec moi" décrit avec enthou­siasme Franck Viano.

"On ferait les petits journa­listes, en filmant les coulisses, en préparant la couverture de l'événement". Un vrai projet d'apprentissage culturel… et de mixité sociale. "On a dans nos quartiers, à Saint-​Roch, Pasteur, à l'Ariane, des pépites, des jeunes qui pourraient faire le conser­va­toire" lance-​t-​il. Tout en étant déjà à l'oeuvre pour préparer de jolies choses à proposer lors de l'édition 2021 de "Mon été à Nice". Le CAN, tout un programme !

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