LIRE NOTRE DOSSIER - Les espoirs du quartier Riquier

Au milieu des rues calmes et résidentielles de Riquier, le Ketje se fait facilement remarquer. Sa devanture rouge, sa terrasse bondée, ses concerts de rock… Trente ans d’héritage festif qui viennent de revenir à Wilfried, il y a quatre mois. Pour ce musicien, c’est un rêve éveillé qu’il attendait depuis longtemps. Qu’est-ce qui rend ce pub si spécial à ses yeux ? Il nous raconte.

« Quand on m’a dit qu’il était à vendre, j’ai couru ! » Cannois d’origine, Wilfried ne débarque pas à Riquier que pour le business. « Je possède déjà le restaurant Pellegrini (non loin, sur la place éponyme, ndlr)« . Cette fois, c’est une toute autre affaire, qui lui tient particulièrement à cœur.

« C’est un pub live music (situé rue Auguste Gal, ndlr), et non un simple bar ou un PMU. Ici, on fait des concerts en tout genre jusqu’à 23h30 environ. On ne sert que des bières et des softs, ainsi que des planches de charcuterie. Je voulais que ça reste tranquille ».

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Photo : Célia Soddu / Nice-Presse
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Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

Il y a des shows tous les soirs d’ouverture, du mardi au samedi, « du rock, de l’acoustique, du live, de l’impro… Il peut y avoir jusqu’à cent personnes à l’intérieur ! » affirme le gérant. « Beaucoup demandent à performer chez nous, mais le programme est rapidement plein ».

« La plupart des groupes sont du coin, entre Nice et Marseille. Il y a ‘Tribute The Doors’, le bassiste de Gilbert Montagné parfois, et d’autres groupes super. L’acoustique est géniale, c’est assez isolé pour ne pas créer de nuisances ».

Le nom « Ketje » vient d’ailleurs du belge « petit garçon », choisi par les premiers propriétaires. L’endroit accueillait un restaurant qui servait carbonnade et choucroute, en l’honneur du Plat Pays…

« Je suis au-delà du rêve »

Les propriétaires en avaient fait un bar. « J’y avais joué il y a dix ans, en tant que batteur. ».

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Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

« Je suis batteur depuis trente ans et j’ai ouvert mon premier commerce à vingt-deux ans. Ça n’avait rien à voir par contre, c’était une station service. Je suis revenu à la mélodie naturellement. Ça m’a toujours suivi, ça a commencé avec The Police. Je rêvais de me produire à la télé… »

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Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

« Je connaissais mal Nice. Quand j’ai joué au Ketje, je ne pouvais pas le situer en ville. Quand j’ai repris le Pellegrini, je ne savais absolument pas que le pub était à quelques rues, je l’ai découvert en me baladant ! » assure-t-il encore.

En se remémorant son parcours, Wilfried a encore du mal à y croire. « Souvent, quand je ferme, je m’assois, j’écoute un peu de son, seul. Et je me redis que tout ça est à moi maintenant. Ça fait bizarre ».

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Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

« Ça a fait jaser ! »

Le Ketje semble trouver son public depuis de nombreuses années. « C’est une institution ici, bien avant que j’arrive. « Des musiciens viennent assister aux concerts. Parfois, on fait de l’impro, alors certains montent sur la scène et on leur prête des instruments. Il y a toujours un moment où je joue aussi ! »

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Photo : Célia Soddu / Nice-Presse

L’ambiance n’a pas toujours été aussi bonne. « Des gens du quartier se demandaient ce qu’un Cannois fait ici. Il y a eu de la jalousie, des regards de travers. Ça a fait jaser ! Maintenant je m’entends avec tout le monde. Beaucoup de commerçants aux alentours viennent. C’est incroyable l’aura qu’il y a dans ce lieu ».

« Je crois vraiment au destin. La musique fait partie de moi, c’est ce que j’essaie de transmettre à mes filles. Je rêverais qu’elles jouent du violon. Et j’ai dit à leur mère qu’il ne faut pas les lâcher sur ça ! »

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Journaliste native de Nice, Célia Soddu est diplômée d'un Master en journalisme et d'une licence en Philosophie. Après des expériences marquantes au sein de Nice-Matin et de La Provence, elle rejoint Nice-Presse en 2026 et la rubrique « Nos Quartiers ». Elle se spécialise dans le reportage de proximité, couvrant les débats locaux, le tissu associatif et la vie des commerces azuréens. Sa pratique s'appuie sur une éthique rigoureuse, en tant que signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

1 Commentaire

Effectivement super sympa et belle ambiance !