Président de l’association des commerçants Nice Centre Rive-Droite, Christophe Bremard s’est engagé pour ce quartier un temps en perte de vitesse après la fermeture de l’hôpital Saint-Roch. Aujourd’hui, le Voeu s’impose comme l’un des plus vivants, un coin où chaque porte ouverte raconte une histoire.
- Lire le dossier spécial complet : Le Voeu, un village en plein centre
Depuis quand l’association est-elle active ? Quel a été son rôle dans la transformation du quartier ?
Elle a une trentaine d’années, mais elle était tombée en désuétude. La fermeture de l’hôpital Saint-Roch, un poumon économique, a été un tournant, tout comme l’arrivée du tramway et la suppression de lignes de bus qui s’arrêtaient autrefois ici. Face à ces changements, nous avons commencé à nous rassembler pour trouver des solutions.
Les décisions de végétaliser les espaces (les trames vertes n’ont pas été aménagées pour l’heure, ndlr) et de réduire la circulation étaient excellentes sur le papier, mais elles réduisaient aussi le nombre de clients potentiels. Aujourd’hui, l’association regroupe 130 adhérents, dans un quartier qui compte 800 entreprises et 1200 professionnels, pour 30.000 habitants. Une vraie petite ville dans la ville !
Vous parlez souvent de ce « côté village » : qu’est-ce qui fait, selon vous, la force de ce lien social ?
Je suis courtier dans les assurances, et j’étais installé rue de l’Hôtel des Postes. Ce que j’aime, c’est cette ambiance : tout le monde se connaît, on se salue, on échange facilement. Les indépendants sont fiers de leur boutique. Ils se lèvent chaque matin pour ouvrir leur rideau, accueillent avec passion et participent à la vie locale.
On essaie de créer un réseau : un commerçant peut devenir le fournisseur ou même le client de son voisin. Ce système vertueux crée des ponts économiques et sociaux forts, facilement renforcés par le cadre agréable, avec trois parcs à proximité et la Promenade du Paillon juste à côté.
Comment accompagnez-vous les commerçants dans leur activité quotidienne ?
Notre rôle est de dynamiser le quartier et de créer du flux. Quand les gens viennent, il revient aux commerçants de faire en sorte qu’ils aient envie d’entrer et d’acheter. Nous aidons les nouveaux à s’intégrer, à découvrir l’écosystème local, tout en restant à leur écoute. Beaucoup se sentent seuls face aux défis du quotidien. Nous collaborons étroitement avec la CCI, la mairie, et d’autres institutions pour offrir un interlocuteur en cas de besoin.
Les événements que vous organisez ont-ils un véritable impact sur la dynamique commerciale ?
Absolument. Prenez la Saint-Valentin, par exemple. Nous avons décoré le quartier de ballons et lancé un concours du couple le plus glamour de Nice. Résultat : 600 photos réalisées, une visibilité renforcée sur les réseaux sociaux et une augmentation de 30 % des ventes par rapport à l’an dernier !
Nous prévoyons un grand loto en plein air au printemps, sur la place Wilson ou au jardin Durandy. L’idée est toujours d’attirer du monde, de créer des moments de convivialité.
Quels sont, selon vous, les défis à venir pour ce quartier ?
La montée en puissance des locations Airbnb modifie l’équilibre du centre-ville… Le quartier devient plus touristique, ce qui peut être une opportunité, mais cela doit se faire sans perdre l’identité niçoise.
La station du tramway Durandy a transformé le flux de clients, ramenant une nouvelle clientèle et donnant un second souffle aux rues perpendiculaires. Il faut maintenant capitaliser sur cet élan.



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