La tension monte entre le Marineland d’Antibes et le gouvernement français, alors que le sort de ses deux orques, Wikie et Keijo, reste dans l’impasse, six mois après la fermeture du parc animalier.
Dans un courrier adressé à la ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher, la direction du parc accuse l’État d’être responsable de cette situation bloquée : « Il est urgent que vous preniez vos responsabilités pour régler cette situation que vous avez vous-même provoquée (…), dont vous serez tenue responsable le moment venu. »
Un avenir incertain pour les orques de Marineland
Fermé depuis janvier 2024, Marineland subit à la fois une baisse d’affluence due au rejet du public pour les spectacles animaliers et les nouvelles obligations de la loi de 2021 sur le bien-être animal, qui interdira les spectacles de cétacés dès fin 2026.
Mais Wikie (24 ans) et Keijo (11 ans), les deux dernières orques du parc, sont toujours là. Un transfert vers le Japon a été refusé par la ministre en novembre, tandis qu’un projet vers Tenerife a été bloqué par les autorités espagnoles en avril. Aucune autre solution n’est aujourd’hui validée.
Des désaccords entre Marineland et le ministère
« Le parc doit maintenant nous faire des propositions. Il a une responsabilité envers les animaux qui ont généré ses profits pendant des années », a répondu Agnès Pannier-Runacher en marge du sommet de l’ONU sur les océans, tenu à Nice.
De son côté, Marineland presse l’État d’autoriser une exportation vers le Japon ou d’agir diplomatiquement auprès de l’Espagne, arguant qu’« il n’existe aucune autre solution viable pour les orques au niveau mondial ».
Un espoir pour les dauphins, une impasse pour les orques
La situation semble en revanche évoluer pour les dauphins : douze spécimens sont encore présents à Antibes, et des discussions sont en cours avec l’Italie et la Grèce pour créer des sanctuaires. Mais « rien ne sera prêt avant au moins un an », admet la ministre. En attendant, une demande a été déposée pour transférer dix dauphins à Malaga et deux à Tenerife.
Concernant les orques, seule l’ONG Sea Shepherd évoque une alternative crédible : un sanctuaire en Méditerranée. « Nous avons des lieux pressentis en Grèce », affirme Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, prête à mobiliser jusqu’à 5 millions d’euros en dons et mécénats pour financer le projet.
Une situation jugée intenable par le parc
Dans l’attente d’une solution, Sea Shepherd a obtenu une expertise judiciaire sur l’état des bassins de Marineland pour juger s’ils peuvent encore accueillir les orques temporairement. Une possibilité jugée « inadmissible » par le parc, qui parle de « bassins en fin de vie » et d’« une situation intenable » tant pour les animaux que pour les soigneurs.
Ces derniers ont récemment publié une vidéo sur Facebook, rappelant leur engagement quotidien : « Nous sommes présents à Marineland sept jours sur sept, avec les animaux. » Chacun y décline son prénom et le nombre d’années passées auprès des cétacés : de 5 à 38 ans de service.
Avec AFP










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