Une étude révèle l’inégale répartition des trafics de stupéfiants en France, influencée par le chômage, le tourisme ou la proximité des prisons.
Si les infractions liées aux stupéfiants touchent l’ensemble du territoire, elles se concentrent de manière très inégale, selon une étude du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) publiée ce jeudi. De multiples facteurs – économiques, géographiques ou sociaux – semblent peser dans cette répartition.
93 % des trafiquants mis en cause concentrés dans 10 % des communes
Selon le SSMSI, 93 % des personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants en 2022 se trouvent dans seulement 10 % des communes françaises. Les grandes agglomérations et leurs périphéries, comme Marseille, Paris, Rennes ou Toulouse, figurent en tête, mais certaines zones plus isolées, comme la frontière espagnole, la Guyane ou les Alpes, apparaissent également.
Cette concentration s’explique notamment par la densité de population, la présence d’aéroports, d’infrastructures routières majeures ou de points de passage transfrontaliers.
La prison, un facteur aggravant méconnu
L’étude souligne un lien direct entre la proximité d’un établissement pénitentiaire et les infractions liées aux drogues. En moyenne, une commune proche d’une prison enregistre une personne mise en cause supplémentaire pour trafic de stupéfiants pour 1 000 habitants, et 4,1 de plus pour usage.
Chômage, précarité et jeunesse : des variables décisives
Le taux de chômage apparaît comme un indicateur clé. « Plus il est élevé chez les 15-64 ans, plus l’usage de stupéfiants augmente par habitant », note le SSMSI. La précarité renforce également ce phénomène : les communes au niveau de vie médian plus faible enregistrent plus d’infractions à la législation sur les stupéfiants.
Les jeunes chômeurs y sont surreprésentés, tout comme les populations vivant dans des familles monoparentales ou dans des zones à forte proportion de jeunes.
Tourisme et résidences secondaires : un usage accru l’été
Autre facteur relevé par l’étude : la dimension touristique. L’usage et le trafic de stupéfiants augmentent dans les lieux de vacances, en particulier durant l’été, période propice à l’expérimentation. Les communes comportant un grand nombre de résidences secondaires affichent un taux plus élevé d’usage de stupéfiants.
Ce lien reste plus modéré pour le trafic, mais l’effet saisonnier est clairement observé.
Un marché à 5 milliards d’euros
En 2023, les ménages français ont dépensé environ 5 milliards d’euros en produits stupéfiants, soit 0,3 % de leurs dépenses totales, selon l’Insee. Ce chiffre donne une idée de l’ampleur économique du phénomène, encore très ancré dans certaines zones du territoire.
Avec SSMSI, Insee



Il a de la drogue que ceux qui n’ont pas de job n’ont pas de sous pour prendre. Ceux en geole ne prennent pas cela. Elles vont où ? Ces sont les traficants de drogue pris qui sont dits là. Pas le trafic. Ce ne sont pas les infractions qui sont dites. Il a des infractions qui ne sont pas vues par la police.