De la splendeur néo-classique à la modernité des années 30, la Promenade des Anglais abrite quelques joyaux parfois méconnus qui racontent l’histoire d’une ville façonnée par la villégiature et les regards venus d’ailleurs. L’architecte-urbaniste Julie Reynes nous embarque vers les secrets de trois villas aussi atypiques que fascinantes.

1. La villa Starzynski : un parfum de scandale diplomatique ?

Avant de devenir française, Nice appartenait au royaume de Sardaigne. Et à l’époque, il n’était pas question pour un Britannique d’y construire sa résidence. Pourtant, Penelope Rivers, nièce d’un ministre anglais, obtient une dérogation… après dix ans d’attente. Elle fera ériger sa villa en 1787. « Mais en 1792, avec l’arrivée des troupes napoléoniennes, elle doit tout quitter. Elle n’aura vécu là que cinq ans » raconte Julie Reynes.

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[© Romain Boisaubert / Nice-Presse]

La bâtisse, revendue plusieurs fois, passe ensuite entre les mains du comte et de la comtesse Starzynski. En 1873, l’architecte Biasini la transforme dans un style néo-classique raffiné, avant qu’elle ne soit rehaussée de trois étages en 1925, et divisée en appartements. Aujourd’hui, la villa appartient à l’État français.

2. Le Forum : frise Art déco et boîte de nuit mythique !

Une façade parfaitement symétrique, des oriels latéraux en cascade, une frise en mosaïque redécouverte après des années d’uniformisation… « Le Forum, c’est l’un des chefs-d’œuvre de l’architecte Georges Dikansky. Un Russe installé à Nice, très moderne pour son époque » souligne Julie Reynes. Construit en 1932, le bâtiment mêle lignes géométriques et références maritimes, avec ses anciens cadrans solaires et baromètres.

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[© Romain Boisaubert / Nice-Presse]

Autrefois, le Forum abritait un cinéma. « Aujourd’hui, c’est devenu le High Club, une des discothèques les plus connues de la ville » poursuit-elle. Environ 70 appartements s’élèvent au-dessus de cette adresse emblématique, preuve que l’Art déco niçois a aussi su se rendre festif.

3. Palais Mary : la croisière ne s’amuse plus… mais quelle allure !

Construit à la fin des années 1930 sur les ruines de la Villa Marie, le Palais Mary est un clin d’œil direct au mythique paquebot Queen Mary. « À l’époque, c’est la mode des croisières. L’architecture s’en inspire directement : hublots, cordages sculptés, mosaïques marines dans le hall… On est sur un véritable hommage à l’univers maritime » décrit Julie Reynes.

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[© Romain Boisaubert / Nice-Presse]

Signé par l’architecte arménien Kevork Arsenian, le bâtiment est pensé pour que chaque appartement bénéficie d’une vue sur mer. Le raffinement de l’époque se glisse dans chaque détail. Juste à côté, le même duo architecte/promoteur réalisera les Immeubles de la Méditerranée. Une signature tout en élégance.

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Né à Nice et diplômé de l'EDJ Nice, Romain Boisaubert couvre l'actualité des Alpes-Maritimes depuis 2014. Après avoir fondé la rubrique « Nos Quartiers » pour Nice-Presse, il dirige Menton-Presse depuis 2026. Expert de la vie locale, de la politique et du patrimoine azuréen, il est présent quotidiennement sur le terrain, de Menton à la Riviera. Engagé pour un journalisme responsable, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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