Les bureaux de vote ferment progressivement ce dimanche soir pour le premier tour des élections municipales. En métropole, la participation reste faible tandis que les premiers résultats sont déjà tombés en Outre-mer. Dans plusieurs grandes villes, dont Paris, Lyon ou Marseille, l’incertitude demeure avant l’annonce des premières estimations.
Alors que les bureaux ferment progressivement en métropole, les premiers verdicts des urnes sont déjà tombés dans certains territoires ultramarins.
A Saint-Denis de La Réunion, l’ex-ministre socialiste des Outre-mer Ericka Bareigts a annoncé sa réélection dès le premier tour dans le chef-lieu de l’île.
En Nouvelle-Calédonie, la tendance est différente. À Nouméa, les Loyalistes, branche dure des non-indépendantistes, devancent largement leurs concurrents plus modérés. Dans le même temps, l’Union nationale pour l’indépendance (UNI) est en net recul face au Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS).
Une participation annoncée historiquement basse
En métropole, les bureaux de vote ont commencé à fermer à 18H00 ou 19H00 dans de nombreuses communes. Dans les plus grandes villes, dont Paris, Lyon ou Marseille, ils resteront ouverts jusqu’à 20H00, moment où pourront être publiés les premiers résultats ou estimations.
Mais une donnée domine déjà cette journée électorale : la participation s’annonce faible.
À 17H00, le taux de participation atteignait 48,90% en France métropolitaine, selon le ministère de l’Intérieur. Ce chiffre est supérieur d’environ dix points à celui enregistré lors des municipales de 2020, marquées par une abstention historique en pleine pandémie de Covid-19.
Il reste toutefois inférieur de près de six points à celui de 2014. Au final, les instituts de sondage anticipent une participation comprise entre 56% et 58,5%, contre 63,55% en 2014.
Cette tendance s’inscrit dans une baisse de la participation observée depuis plus de quarante ans, particulièrement marquée chez les jeunes électeurs et dans certains quartiers populaires.
Une campagne perturbée et peu d’alternatives
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette mobilisation limitée.
Si les Français restent attachés à leurs maires, souvent plus populaires que les responsables politiques nationaux, la fin de campagne a été éclipsée par la guerre au Moyen-Orient.
À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann, candidate pour reconquérir la mairie, évoque ainsi une « forme d’inquiétude » liée à la situation internationale.
La structure politique locale joue aussi un rôle. Les macronistes étant peu implantés dans les territoires, ces municipales sont plus difficiles à utiliser pour sanctionner le pouvoir exécutif, contrairement aux scrutins de 2008 sous Nicolas Sarkozy ou de 2014 sous François Hollande.
Autre élément : dans de nombreuses communes, l’offre politique est très limitée. Des listes uniques sont présentes dans 68% des communes, ce qui réduit fortement les alternatives pour les électeurs.
Les règles électorales ont également évolué. Les électeurs ne peuvent plus modifier les bulletins en ajoutant ou en rayant des noms de candidats, une pratique appelée « panachage ».
Au total, 48,7 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour ce premier tour, dont 358.000 ressortissants de l’Union européenne.
À Roubaix, dans le Nord, Rébiah, 62 ans, explique son attente : « Je voudrais un maire qui agit parce qu’il y a beaucoup de pauvreté, de misère, de délinquance, des problèmes de logements, dans l’éducation ».
Des batailles ouvertes dans les grandes villes
Dans la grande majorité des communes, le résultat devrait être connu rapidement. Environ 93% d’entre elles, où une ou deux listes seulement s’affrontent, connaîtront leur maire dès dimanche soir.
La situation est plus incertaine dans les grandes villes, où peu d’édiles sont assurés d’être reconduits.
À Paris, le résultat dépendra notamment du score de plusieurs candidats susceptibles de dépasser les 10% et de se maintenir au second tour : Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête). Leur décision pourrait modifier les chances du socialiste Emmanuel Grégoire ou de la candidate Les Républicains Rachida Dati.
À Marseille, le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat du Rassemblement national Franck Allisio sont donnés en tête devant Martine Vassal (LR) et l’Insoumis Sébastien Delogu.
À Toulouse, le maire divers droite Jean-Luc Moudenc compte sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.
Les écologistes, qui avaient remporté plusieurs villes en 2020, défendent leurs positions à Strasbourg ou Bordeaux. À Lyon, le maire Grégory Doucet croit encore à une « remontada » face à l’ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas.
Dans ces grandes agglomérations, les tractations en vue du second tour, prévu dimanche prochain, pourraient rapidement devenir un enjeu central.
Peu implanté localement, le Rassemblement national vise notamment plusieurs villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, avec l’objectif d’ajouter Toulon, voire Marseille, à Perpignan parmi les villes de plus de 100.000 habitants qu’il dirige.
La France insoumise espère de son côté remporter Roubaix et créer la surprise dans certaines communes d’Île-de-France.
Au Havre, l’ex-Premier ministre Édouard Philippe joue également gros : sa réélection à la mairie est présentée comme une condition préalable à sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Ce qui est important
- La participation du premier tour s’annonce faible malgré plus de 48,7 millions d’électeurs appelés aux urnes.
- Les premiers résultats tombent déjà en Outre-mer tandis que les grandes villes métropolitaines restent très incertaines.
- Les alliances et triangulaires possibles dans des villes comme Paris, Marseille ou Toulouse pourraient peser sur le second tour.



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