En cette fin d’année, Nice-Presse reçoit Pierre-Paul Léonelli, parmi les principaux adjoints au maire, patron de la majorité à Nice et à la Région Sud. Dans cette seconde partie, on évoque l’affrontement entre Eric Ciotti et Christian Estrosi, la situation de la Métropole et la « loi immigration ».
Les différentes collectivités présentent leur budget 2024 ces jours-ci. Nice et sa Métropole seront-elles suffisamment accompagnées par la Région Sud l’an prochain, d’après vous ?
La Région n’est pas un tiroir caisse. Le président Renaud Muselier accompagne les territoires dans une logique de « budget vert », et répond présent sur tous les travaux de rénovation énergétique et de transition écologique, mais aussi pour ce qui est des transports ou de la sécurité. Christian Estrosi, le président-délégué, conduit une politique qui permet à Nice d’obtenir un financement trois fois plus élevé qu’à l’époque des socialistes.
Et par le conseil départemental des Alpes-Maritimes ?
Le Département est à la traı̂ne sur bien des dossiers, pour des raisons de politique-politicienne. Il préfère parfois soutenir ceux qui font des recours pour empêcher les projets (avec une subvention pour une association qui bataillait contre la démolition de l’ex-Théâtre national). Je l’appelle à revenir à la raison, ne serait-ce que dans le domaine du social et de l’enfance, qui dépendent de sa totale compétence.
La Métropole est confrontée à des difficultés financières, le Département, pour d’autres raisons, annonçait vendredi dernier que c’est aussi son cas. Deux des trois grandes collectivités locales traversent une période compliquée, quel commentaire cela vous inspire-t-il ?
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La Métropole n’est pas plus en difficulté que bien d’autres en France ! Elle a beaucoup de compétences, a dû en faire énormément, dans toutes les communes, avec le Covid-19. Puis il y a eu la tempête Alex, l’inflation, la flambée des taux d’intérêt.
La Métropole maintient des investissements importants pour l’avenir, à des niveaux très élevés : l’unité de valorisation énergétique de l’Ariane (220 millions d’euros), Haliotis 2 (700 millions), la sortie de la Voie Mathis en tunnel (165 millions)… Je rappelle que nous avons mobilisé près de 260 millions d’euros après la Tempête Alex, avec seulement 90 millions d’aides de l’Etat et des autres collectivités. Vous reconnaîtrez qu’il faut avoir les reins solides, et une bonne gestion, pour faire face !
On voit aujourd’hui qu’avec la crise du marché immobilier, le conseil départemental doit lui aussi se serrer la ceinture, d’autant que sa dette est très importante ! J’appelle donc Eric Ciotti et Charles-Ange Ginésy, dont on a du mal à identifier des réalisations au même niveau que la Métropole, à balayer devant leur porte, et à rechercher la voie de la complémentarité avec nous, plutôt que celle de la critique permanente…
Vous appelez Christian Estrosi et Eric Ciotti à s’entendre avant les municipales de 2026. Quels seraient les vrais risques si cela n’arrivait pas ?
On a vu des villes comme Bordeaux ou Lyon basculer du côté des écologistes, avec des résultats très préoccupants. Nice a son identité , très forte, les habitants ne supporteraient pas que ces gens-là s’en prennent à leurs traditions et à leurs valeurs. Il y a aussi le risque de l’extrême droite.
Si on vous suit, il faudrait qu’Eric Ciotti rallie Christian Estrosi. C’est ce qui est arrivé en 2020, et ça n’a tenu qu’un an…
Qui divise Nice aujourd’hui, qui tente d’y mettre le feu ? Ce n’est pas Christian Estrosi, qui a toujours été un rassembleur. Le maire et notre majorité amplifient l’attractivité de notre ville, en dehors de tout esprit partisan. Il s’est présenté dans l’intérêt général des Niçois et je ne crois pas un seul instant qu’avec ce bilan et ses ambitions, ce soit la critique d’un dirigeant d’appareil politique qui puisse le menacer !
Il est d’ailleurs surprenant de voir qu’Éric Ciotti, qui prétend aimer notre cité, dont il n’est qu’un député parmi d’autres, enfermé dans les jeux d’appareils à Paris, ne se soit jamais félicité de voir tout ce nous valent nos résultats : le classement à l’UNESCO, la future arrivée du Tour de France en 2024 - une première historique, le sommet des Nations Unies en 2025, ou encore les JO d’hiver en 2030. Aime-t-il vraiment Nice ?
(Note : Eric Ciotti avait salué le classement de Nice à l’UNESCO en 2021, et annoncé en novembre dernier que le Département 06 « soutiendra cette belle initiative des JO d’hiver 2030 chez nous »).
Votre ancienne famille politique, Les Républicains, a repris du poil de la bête. Le gouvernement ne peut plus faire grand-chose sans eux. Vous pourriez à nouveau y prendre votre carte ?
J’observe qu’Eric Ciotti a poussé des cris d’orfraie contre Christian Estrosi quand le maire assumait de dialoguer avec le président de la République pour faire avancer des projets. Aujourd’hui, c’est Eric Ciotti qui va à Matignon négocier avec le gouvernement. Cela démontre qu’il a compris lui aussi que pour faire avancer les choses, il faut chercher le compromis.
Christian Estrosi, vice-président d’Horizons au côté d’Edouard Philippe, et Eric Ciotti président des Républicains, ont soutenu la « loi immigration », qui comporte des mesures que nous avons toujours défendues et qui vont enfin donner les armes juridiques dont avaient besoin la police et la justice, pour mieux protéger nos concitoyens face à l’immigration clandestine, le trafic de drogue et la délinquance qui en découle.



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