À Villefranche-sur-Mer, le compositeur Michel Redolfi a immergé les baigneurs dans un concert subaquatique mêlant sons marins, musique électronique et poésie lue en direct.
Ce week-end, sur la plage de Villefranche, près de Nice, les nageurs ont vécu une expérience peu ordinaire. Dans l’eau, des haut-parleurs ont diffusé un concert mêlant chants de baleines enregistrés à Tahiti, sons de dauphins et compositions électroniques. Le tout ponctué par la voix de l’acteur Jean-Marc Barr, lisant des poèmes de Jean Cocteau et Erri De Luca depuis la berge.
“Il y a de la musique ! Dans l’eau ! C’est incroyable !”, s’exclame un enfant, tête hors de l’eau. Depuis la plage, on distingue à peine quelques basses, mais sous la surface, le son devient clair et enveloppant. Plus les nageurs s’approchent des haut-parleurs, plus la sensation sonore devient immersive.
Michel Redolfi, bio-acousticien et pionnier du genre, explique rechercher cette “vibration collective”. À 69 ans, le fondateur du studio Audionaute produit ces événements avec la ville de Villefranche, mondialement connue pour ses fonds marins prisés des apnéistes.

Entre relaxation et poésie aquatique
La Californienne Kristen King, installée à Villefranche, a été transportée par l’expérience : “On entend les dauphins et les oiseaux. Ça résonne dans le corps, c’est très poétique.” Autour d’elle, certains nagent, d’autres se laissent flotter en silence, yeux fermés, à l’écoute.
Depuis les années 1980, Michel Redolfi compose pour les espaces publics : tramways de Nice et Brest, fondation Carmignac à Porquerolles, musée Cocteau à Menton… Il a adapté ses dispositifs subaquatiques au fil du temps : “L’idée, c’est que les gens soient baignés dans le son, en mer comme dans un musée, et d’y aller le plus doucement possible.”
Jean-Christophe Allard, bibliothécaire de 58 ans, avait déjà assisté à un concert subaquatique en piscine : “En mer, c’est encore plus impressionnant. Le son passe par le crâne, pas par les oreilles. C’est une séance de relaxation géante.”
Depuis dix ans, Michel Redolfi collabore régulièrement avec Jean-Marc Barr, inoubliable interprète du “Grand Bleu”. L’acteur, lecteur hors de l’eau, incarne une dimension poétique et spirituelle : “C’est l’incarnation de la rêverie, un poète en osmose avec le monde sous-marin”, salue le compositeur.
“La mer devient une cathédrale”
Pour Jean-Marc Barr, ces concerts sont l’occasion de renouer un lien profond avec la nature : “Tout à coup, la mer devient comme une cathédrale. On comprend qu’elle peut être sacrée.”
L’acteur confie qu’il plonge encore régulièrement, même s’il se limite aujourd’hui à dix mètres de profondeur : “Je rentre immédiatement dans un état de calme. On est privilégiés d’avoir ce trésor à portée.”
Si la majorité des baigneurs semble conquise, certains restent réservés sur le choix musical. Astrid Al-Hadeed, 64 ans, d’origine irlando-koweïtienne, trouve l’expérience “charmante”, mais nuance : “Avec du Bach, Mozart ou Chopin, ce serait encore plus beau.”
Avec AFP










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