À l’approche du Grand Prix de Monaco et du Festival de Cannes, les rotations d’hélicoptères s’intensifient sur le littoral azuréen pour transporter une clientèle internationale pressée. Malgré une baisse d’activité liée aux préoccupations écologiques, les opérateurs du secteur misent sur un investissement de 30 millions d’euros dans des appareils électriques pour pérenniser ce marché historique…
Les pales fendent l’air salin au-dessus de la Grande Bleue pendant que les turbines tournent à plein régime. C’est le ballet quotidien des hélicoptères qui, malgré les vents contraires de l’opinion publique, continuent de dominer le ciel de la Côte d’Azur, portés par une clientèle fortunée et des paysages splendides.
La saison des grands événements sert de catalyseur à cette activité frénétique. Comme chaque année, les vols vont se multiplier pendant le festival de Cannes, sans pour autant atteindre les pics d’activité enregistrés lors du Cannes Lions, salon international de la publicité fin juin.
Le point d’orgue reste toutefois le Grand Prix de Formule 1 de Monaco, début juin, qui peut engendrer jusqu’à 200 vols sur une seule journée. Tout au long de l’année, les opérateurs assurent des dizaines de vols par jour entre Nice, Monaco, Cannes, mais aussi Saint-Tropez l’été ou Courchevel l’hiver.

Des rotations permanentes pour éviter l’asphyxie routière
La liaison entre l’aéroport de Nice et l’héliport de Monaco s’impose comme la plus régulière du secteur. Avec un départ toutes les 30 minutes, elle totalise 13 000 vols par an en moyenne ces dernières années, selon les données fournies par les autorités aéroportuaires.
Pour certains usagers, ce mode de transport est devenu un outil professionnel indispensable. Vincent Valat, usager nîmois de 39 ans qui a créé une société de développement stratégique à Monaco, témoigne : « Ca me permet d’être là en temps et en heure, sans aléas, tout en profitant d’un panorama exceptionnel. C’est une parenthèse enchantée, avec un gain de temps ».
L’argument économique entre aussi en compte face à la congestion des routes. Sur les vols partagés, le trajet de 7 mn 30 coûte 195 euros pour un passager sans bagage. En taxi, la course s’élève à une centaine d’euros, mais le trajet initial de 30 minutes peut être triplé dans les fréquents bouchons de la Riviera.

Un profil de clientèle qui évolue face aux contraintes écologiques
Le marché subit pourtant des mutations profondes. Tous les clients d’affaires n’ont pas repris l’hélicoptère après la crise du Covid. Soucieux de présenter un bilan carbone en baisse, nombre d’employeurs l’interdisent désormais à leurs collaborateurs.
Pour l’Alliance BHSM, qui réunit les compagnies Monacair, Héli Sécurité et Blade avec 25 hélicoptères, le constat est chiffré. Le nombre d’heures de vol en 2025 accusait encore une baisse de 17% par rapport à 2019, précise Philippe Willemin, co-PDG de la joint-venture.
Les clients viennent majoritairement des Etats-Unis, du Moyen-Orient et de Russie, mais le portrait-robot du passager n’est pas uniquement celui des grandes fortunes. Selon Philippe Willemin, « 60% ont entre 30 et 40 ans. Ils sont riches mais pas forcément richissimes. Ils viennent passer quelques jours, ils louent une Ferrari, ils prennent l’hélicoptère, ils dépensent beaucoup puis ils repartent travailler ».
La révolution électrique programmée pour la fin de la décennie
Si les vols sont relativement tolérés à Nice, Monaco et Cannes car les infrastructures sont gagnées sur la mer, la situation est plus tendue à Saint-Tropez. Les autorités y ont dénombré quelque 4 600 vols l’an dernier autour des dizaines d’hélistations commerciales ou privées.
Jean-Claude Molho, président de l’association Halte hélico, regrette que la situation ne s’améliore pas malgré une interruption réglementaire de trois heures l’après-midi : « Après des décennies, le problème des nuisances des hélicoptères ne s’est nullement amélioré sur certains points du golf ».
L’innovation semble être la seule issue pour l’Alliance BHSM, qui mise sur les taxis aériens électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL). Développés par Joby Aviation, ces appareils pourraient faire leurs débuts commerciaux fin 2026 à Dubaï. L’exploitation au sein de l’Union européenne est envisagée pour 2029.
L’investissement pour la Côte d’Azur s’élève à 30 millions d’euros pour six appareils et l’installation de superchargeurs. Philippe Willemin explique que l’eVTOL de Joby « émet 50 fois moins de CO2 et fait 100 fois moins de bruit » qu’un hélicoptère classique.
Ce qui est important
- Le secteur investit 30 millions d’euros dans des taxis électriques eVTOL pour réduire les nuisances sonores par 100 et les émissions de CO2 par 50 d’ici 2029 sur la Côte d’Azur.
- Malgré une baisse de 17% de l’activité par rapport à 2019, la liaison Nice-Monaco reste un axe majeur avec 13.000 vols annuels pour contourner les bouchons routiers.
- La clientèle se rajeunit avec une majorité de trentenaires internationaux qui privilégient le gain de temps, alors que les entreprises limitent de plus en plus l’usage de l’hélicoptère pour des raisons environnementales.
Nice-Presse avec dépêche



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