De 24,5 km² en 1847, le terri­toire de la Principauté de Monaco est passé à seulement 2,02 km² !

Culturellement, la Principauté de Monaco est connue pour son faste, son luxe, ses belles cylin­drées, sa fenêtre sur la Méditerranée et ses soirées endia­blées. Historiquement, ses origines sont beaucoup moins célèbres. Nichée sur la Riviera, à seulement une vingtaine de kilomètres de Nice, elle a connu de nombreux rebon­dis­se­ments au cours du temps, avec notamment la perte de terri­toires qui lui vaut aujourd'hui l'appellation de "micro-​État" !

La Principauté de Monaco, une histoire à rebondissements

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Illustration - Photo © Depositphotos.com

Reprenons depuis le début. La Principauté de Monaco était un terri­toire relati­vement autonome depuis 1297, relié à la République de Gênes dont sont descen­dants les Grimaldi. Rainier Ier est au fondement de la dynastie Grimaldi, qui sert la monarchie française des siècles durant. En 1346, elle récupère la seigneurie de Menton avant celle de Roquebrune une dizaine d'années plus tard, les deux formant le terri­toire de la principauté.

En 1847, elle s'étend sur 24,5 kilomètres carrés grâce ses trois sites. Monaco compte alors 1 250 habitants, Roquebrune 850 et Menton 4 900. Cette dernière fait toute la richesse de la princi­pauté, avec ses champs d'agrumes et d'oliviers qui permettent à l'État de faire du commerce via les expor­ta­tions de ces produits très recherchés.

La révolte des Mentonnais

Monaco Côte d'Azur
Photo : Mike McBey/​ Commons

Malgré un système bien rodé, la grogne se fait entendre du côté des Mentonnais qui voient leurs charges augmenter, entre la suppression de la gratuité de l'enseignement élémen­taire et des impôts qui se font de plus en plus lourds. Une situation qui enclenche en 1847 une révolution. Menton réclame alors des réformes consti­tu­tion­nelles et des diminu­tions de droits de douane.

S'ensuivent des révoltes qui entraînent la déchéance des Grimaldi. Menton et Roquebrune se déclarent "villes libres" et passent sous la protection du Royaume de Sardaigne. Un tournant majeur dans l'histoire de la Principauté de Monaco, qui connaît par la suite d'autres péripéties.

La France récupère Nice en 1860, qui était jusque-​là sur le terri­toire du Piémont-​Sardaigne. Menton et Roquebrune en font de même, en votant leur ratta­chement en France. Une décision actée par le traité franco-​monégasque de 1861.

Monaco : un État de 2,02 km² !

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Le musée océano­gra­phique de Monaco. Illustration - Photo © Depositphotos.com

Devenu un petit bourg divisé en trois quartiers, Monaco n'a plus grand chose dont se targuer. C'est alors que le prince Charles III lance l'idée de construire des casinos à ce moment-​là interdits dans les pays voisins pour s'enrichir et attirer de nouvelles popula­tions. Puis, Monaco va voir un opéra, des musées et un institut océano­gra­phique, tandis que l'un des quartiers de l'État est rebaptisé Monte-​Carlo en son honneur !

Désormais, la Principauté de Monaco est un État tiers à l'Union européenne. Il est le deuxième plus petit État indépendant au monde après le Vatican, avec seulement 2,02 kilomètres carrés, soit une perte de plus de 90% de son terri­toire depuis la révolution !

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