Le projet municipal de remplacer l’espace Sulzer par un équipement dédié au tourisme d’affaires fait jaser, même si elle compte de fervents défenseurs. Nous vous avons tendu le micro ces derniers jours, les résultats de la consultation menée par Nice-Presse sont extrêmement clairs. Revue des opinions !
FAITES-VOUS ENTENDRE - Une bonne part des promesses du nouveau maire apparaît saluée par les habitants, sans susciter tant de débats que cela. Des attentes, au contraire. Ainsi, ce qui est annoncé pour les opérations de rénovation, la circulation, le stationnement ou encore la verbalisation est plutôt très bien accueilli par l’opinion. Toujours au rayon des éléments du programme d’Éric Ciotti, certaines idées sont moins bien perçues.
Avec 76,2 % des votes, « l’avis général » est…

Ainsi, l’idée de raser le jardin Sulzer pour le remplacer par une salle événementielle fait pas mal parler dans la Vieille-Ville. Certes, assez minéral, le « square » ouvert il y a une dizaine d’années n’est vraiment pas le plus esthétique de chez nous, et le parking souterrain ne serait pas affecté par un tel chantier. Mais les opposants sont pourtant assez nombreux, même parmi ceux qui disent avoir voté pour l’édile en mars.
1150 lecteurs de Nice-Presse nous ont transmis, essentiellement via Facebook et des emails, leurs opinions. D’autres, 362, ont voté directement sur le site. Il apparaît que 76,2 % des répondants se disent opposés à ce centre des congrès. Un ressenti accueilli sans grand étonnement par les élus de la majorité ciottiste avec qui nous avons échangé : le sujet n’a rien d’une préoccupation (le projet n’est pas encore lancé et le maire n’a communiqué dessus qu’à l’occasion de deux interviews) mais les remontées de Niçois sur ce dossier seraient « perplexes voire négatives ».
Non, « les Niçois avant les congressistes »

Pour une grande partie des contributeurs, la sauvegarde du jardin et de l’ouverture vers la Méditerranée serait une priorité. Denise, 63 ans, dénonce une initiative qu’elle juge « horrible » car elle revient à«supprimer cet espace vert et l’accès de la ville à la promenade ». Cette crainte de voir Nice s’asphyxier est omniprésente dans les témoignages. Christophe, 56 ans, estime qu’il « ne faut pas détruire ce site » qui«ouvre une perspective », tout en pointant le « côté peu écolo de démolir ça pour une construction ».
Catherine, 78 ans, s’alarme elle aussi de « bétonner un joli bout de verdure » et de « tuer le magnifique panorama que l’on a depuis le Vieux ». Guy-Lucien, 75 ans, rappelle l’aspect vital de la nature dans le centre, soulignant que « les arbres et l’ombre sont indispensables lors des canicules ».
Un sentiment d’une dépossession au profit d’intérêts privés est également soulevé par Nissart06, qui regrette qu’une « zone actuellement accessible à tous va se privatiser pour une poignée de personnes ». Sabine, 60 ans, parle d’un « rejet total du don (de Sulzer) aux congressistes plutôt qu’aux Niçois », tandis que Maryse, 75 ans, évoque simplement son « dépit et (sa) désolation ».
Oui, pour « faire travailler tout le monde »

Pourtant, une autre partie de la population voit dans cet aménagement un levier de croissance indispensable pour l’avenir. Raphaël, 30 ans : un « super projet pour attirer plus d’événementiel ». Analyse partagée par Patrice, 66 ans, pour qui il s’agit d’un « bon investissement ».
Cette volonté se retrouve chez Pascal, 44 ans, qui espère un « bâtiment iconique » capable de générer des retombées économiques majeures. Mehdi, 33 ans, insiste sur la nécessité de « faire travailler tout le monde » et de redonner enfin de la vitalité au secteur du tourisme d’affaires.
Louise, 50 ans, réclame surtout « de la qualité » dans l’architecture proposée pour que le bâtiment s’intègre au mieux dans cette emprise prestigieuse. Pour Nicolas, 40 ans, il s’agit d’une question de fierté et de compétition : Nice doit « reprendre le dessus » et ne pas laisser la concurrence azuréenne (Cannes, Monaco) prendre l’avantage…
Enfin, Gilles, 55 ans, suggère de miser sur une signature forte, « un geste contemporain », pour que l’édifice devienne un nouveau symbole de la modernité azuréenne, sans pour autant sacrifier l’harmonie du front de mer.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.