Sur le plan national, le maire de Nice appelle à fortement durcir les mesures existantes contre le narcotrafic, qui devrait être considéré comme une menace aussi grande que celle du terrorisme. Localement, il entend obtenir le renvoi du préfet Hugues Moutouh.
Qui peut accepter l’image de si petits cercueils, symbole des conséquences du trafic ?
Samedi 27 juillet, Nice a rendu un émouvant hommage aux victimes de l’incendie criminel des Moulins. Il y a dix jours, une famille était décimée alors qu’elle n’était même pas, semble-t-il, visée par la haine de ces assassins. Comme l’explique le Procureur, dorénavant, les trafiquants de drogue - qui n’ont aucun lien avec le territoire - ne fixent plus de limite à leur sauvagerie puisqu’ils ne savent rien des habitants dont ils gâchent ou prennent la vie.

Depuis le Palais Nikaïa, le maire a relevé l’absence de chagrin national au sujet de cette affaire, qui a emporté dans des circonstances atroces trois enfants de cinq, sept et 10 ans, un adolescent de 17 ans et leurs proches. Des « victimes du narcoterrorisme » a même ajouté Christian Estrosi.
Certes, le premier ministre Gabriel Attal, sur place quelques heures après le drame, a promis que les criminels seraient « pourchassés, retrouvés et traduits devant la justice ». Une évidence, puisque les enquêteurs de la police s’y emploient déjà tous les jours, toute l’année. Mais on imagine qu’un gouvernement démissionnaire ne peut pas s’engager à tellement plus.
Dès lors, comment comprendre que l’on repousse à l’après-jeux olympiques la composition d’un nouveau gouvernement, à même d’agir, alors que des enfants sont morts et que les réponses existantes semblent criantes de vacuité ?
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« Je souhaite la nomination en urgence d’un préfet compétent »
« Des (quartiers) entiers sont gangrenés en France. Il est urgent d’agir » : le premier magistrat niçois livre ce week-end ses solutions dans les colonnes du Parisien (lien pour les abonnés). « Le problème des Moulins, c’est le narcotrafic qui relève de l’État ». Malgré l’arrivée du tramway et des millions d’euros dépensés pour la rénovation urbaine, « ce que nous avons fait ne suffit pas. Nous sommes au maximum de ce que la loi nous autorise ».
« Pour moi, le narcotrafic est presque devenu un sujet équivalent au terrorisme »
Et l’édile d’appeler soit à une décentralisation des compétences sécuritaires - donc plus de pouvoirs pour les municipalités - soit à un renforcement des actions de l’Etat.
Tout en appelant au renvoi du préfet des Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh : « Je salue la fermeté et le professionnalisme du procureur et des forces de police. Mais dès le lendemain, les dealers étaient revenus. Le préfet m’a dit : la sécurité c’est moi et personne d’autre. Je demande donc qu’il en tire les conséquences. Je souhaite la nomination en urgence d’un préfet compétent qui ne se paie pas de mots ». Ce qu’il avait déjà fait à mots plus couverts en mai dernier.
« L’État doit prendre des mesures exceptionnelles » poursuit-il auprès de nos confrères. « Pour moi, le narcotrafic est presque devenu un sujet équivalent au terrorisme. Face à une armée hostile qui terrorise nos populations, je demande que, comme dans la protection de l’alerte antiterrorisme, on déploie au moins temporairement la force militaire Sentinelle dans nos quartiers » — ce que le préfet avait jugé inutile il y a quelques jours encore dans Nice-Matin.
« Cela enverrait un message fort pour ramener la paix et empêcher les dealers, qui ne sont pas du quartier, de venir faire leur loi » fait-il encore valoir.
Christian Estrosi imagine aussi la création d’un parquet national antistupéfiants « sur le modèle du parquet national antiterroriste », un durcissement des peines encourues, la possibilité pour les policiers municipaux de verbaliser les consommateurs de drogues, ainsi que l’incarcération de certains d’entre eux. Parmi les autres mesures concrètes, le président de la métropole niçoise suggère de taper sur les « choufs », avec la création d’un délit de guetteurs et une majorité pénale abaissée.









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