En Méditerranée, la Marine française a procédé à l’interception d’un pétrolier appartenant à la mystérieuse flotte fantôme russe. Le navire, nommé Grinch et faisant l’objet de sanctions internationales, fait actuellement route vers le terminal pétrolier de Marseille-Fos sous escorte militaire. Cette opération d’envergure, saluée par l’Ukraine, marque une nouvelle étape dans la traque des cargaisons d’hydrocarbures finançant l’effort de guerre du Kremlin.
Une démonstration de force en pleine mer d’Alboran ! Jeudi matin, les commandos de la Marine nationale ont arraisonné le Grinch, un imposant pétrolier de 249 mètres de long suspecté de contourner les sanctions internationales. Ce bâtiment, qui voguait entre l’Espagne et l’Afrique du Nord, est désormais sous le contrôle des autorités françaises et doit rejoindre le port de Marseille-Fos ce samedi matin. La destination finale n’est pas anodine puisque ce complexe portuaire constitue le troisième port pétrolier à l’échelle européenne.
Une opération coordonnée contre la flotte de l’ombre de Moscou
L’interception de ce pétrolier en provenance de Mourmansk, port stratégique de la mer de Barents, résulte d’une étroite coopération internationale. Emmanuel Macron a d’ailleurs précisé que ce navire, « sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon », a pu être appréhendé « avec le concours de plusieurs de nos alliés », citant notamment le Royaume-Uni. Cette unité navale apparaît sous des identités multiples pour brouiller les pistes : identifiée comme le Grinch par les Britanniques, elle figure sous le nom de Carl sur les listes établies par l’Union européenne et les États-Unis.
L’action de la Marine française a immédiatement suscité une réaction diplomatique de la part de l’Ukraine. Le président Volodymyr Zelensky a exprimé sa reconnaissance envers Paris, estimant qu’il s’agit de la « détermination nécessaire pour faire en sorte que le pétrole russe ne finance plus la guerre de la Russie ». Cet arraisonnement a également des conséquences juridiques immédiates sur le sol national. La préfecture maritime de Méditerranée a confirmé que l’opération a donné lieu à « un signalement au procureur de Marseille » et à l’ouverture d’une enquête judiciaire.
Le port de Marseille en première ligne face aux navires russes sanctionnés
Ce coup d’éclat n’est pas une première pour les forces françaises, qui intensifient la surveillance des flux énergétiques suspects. En septembre dernier, le bâtiment Boracay avait déjà subi un sort identique en Atlantique avant d’être détourné vers Saint-Nazaire. La pression s’accentue ainsi sur la flotte fantôme russe, alors que quelque 598 navires font désormais l’objet de sanctions de la part de l’Union européenne. L’arrivée du Grinch à Marseille ce week-end illustre la volonté de neutraliser ces vecteurs économiques essentiels à la stratégie de Moscou.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP








Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.