Un hélicoptère au-dessus du palais de justice, des rues bouclées et des accusés sous étroite surveillance. À Aix-en-Provence, le procès d’un double assassinat lié au grand banditisme s’ouvre ce lundi dans un climat de sécurité inédit. Six hommes, dont plusieurs figures présumées de la DZ Mafia, comparaissent devant la cour d’assises.
Lundi après-midi, la scène est inhabituelle autour de la cour d’appel d’Aix-en-Provence. Un hélicoptère survole le secteur tandis que les rues autour du palais Monclar sont bloquées par des camions de CRS. L’objectif, sécuriser l’arrivée des convois de détenus.
Un palais de justice sous très haute sécurité
Ces précautions interviennent alors que des préparatifs d’une « action violente », en lien avec au moins un des accusés, ont été découverts récemment selon les autorités. À l’intérieur, dix policiers cagoulés sont postés dans le box des accusés, décrits comme détendus au moment de l’ouverture des débats.
La cour d’assises est composée uniquement de magistrats, sans jury populaire. Des mesures de sécurité « sans précédent », avait résumé la semaine dernière le procureur général Franck Rastoul, évoquant un procès « qui traduit ce qu’est la criminalité organisée et sa prise en compte par l’Etat ».
Un double assassinat en 2019 en toile de fond
Les faits remontent au 30 août 2019. Dans un hôtel Formule 1 proche de Marseille, une femme de ménage découvre les corps de deux hommes exécutés par balle. L’un d’eux, Farid Tir, 29 ans, était sorti de prison un an plus tôt. Son identité accrédite l’hypothèse d’un règlement de comptes.
La seconde victime est considérée comme une victime collatérale. À cette époque, le groupe criminel DZ Mafia n’est pas encore formé.
L’enquête de la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille a permis de dessiner les contours de l’organisation qui serait à l’origine de ces assassinats.
Six accusés et des rôles contestés
Parmi les principaux accusés figure Karim Harrat, 37 ans, jugé pour meurtres en bande organisée. Il est soupçonné d’avoir été le commanditaire depuis Dubaï, ce qu’il a toujours contesté. Décrit comme « ayant perdu toute influence » par une source policière, il n’a pas de lien a priori avec la DZ Mafia.
Walid Bara, 39 ans, alias « Fondu », est également mis en cause pour avoir participé à la traque. En fuite depuis mai 2024, il sera jugé par défaut.
Les deux hommes suspectés d’avoir pénétré dans l’hôtel pour commettre les faits sont Zaineddine Ahamada, 29 ans, et Adrien Faure, 26 ans, ce qu’ils nient. Le premier est aujourd’hui considéré comme l’un des « meneurs incarcérés » de la DZ Mafia.
Selon le juge d’instruction, Gabriel Ory, dit « Gaby », aurait joué le rôle de taupe en transmettant notamment les codes de l’hôtel. Il aurait été mis en relation avec Farid Tir par Amine Oualane, surnommé « Mamine », alors détenu. Ce dernier comparaît pour cette mise en relation.
Ces deux hommes ont depuis été mis en examen dans plusieurs autres dossiers criminels liés à la DZ Mafia et sont considérés comme deux des trois « pères fondateurs » présumés de ce groupe criminel marseillais devenu dominant.
L’accusation repose notamment sur les déclarations des proches des victimes et sur les confessions d’un « Tatoo », présenté comme un témoin repenti dont le témoignage sera central au procès.
Les débats doivent durer trois semaines, avec un verdict attendu le 10 avril.
Ce qui est important
- Un procès sous sécurité exceptionnelle avec hélicoptère, CRS et dispositif renforcé autour du tribunal
- Un double assassinat en 2019 qui remonte aux débuts d’une organisation criminelle devenue majeure à Marseille
- Des figures présumées de la DZ Mafia jugées, avec un témoignage de repenti au cœur des débats
Nice-Presse avec dépêche



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