Le Parquet national antiterroriste (Pnat) s’est saisi de l’enquête sur le meurtre d’un Tunisien abattu samedi à Puget-sur-Argens, dans le Var. L’acte, qualifié de raciste, aurait été commis avec l’intention de semer la terreur, selon les premiers éléments du dossier.
La victime, un homme né en 1979, a été retrouvée avec cinq impacts de balles. Un autre individu, de nationalité turque, a également été blessé au moment des faits. Le principal suspect, un voisin de la victime, a été interpellé peu après les tirs alors qu’il prenait la fuite à bord de son véhicule, où des armes ont été découvertes : pistolet automatique, fusil à pompe et arme de poing, selon le procureur de Draguignan.
Une enquête confiée à la DGSI et à la SDAT
Placé en garde à vue, l’homme, né en 1971 et de nationalité française, est décrit comme un adepte du tir sportif. L’enquête, désormais menée par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la Sous-direction antiterroriste (SDAT), a été ouverte pour assassinat et tentative d’assassinat en lien avec une entreprise terroriste, mais aussi pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.
Le suspect avait diffusé deux vidéos à caractère raciste sur un réseau social, avant et après le passage à l’acte. Selon le Pnat, « la portée que le mis en cause a lui-même entendu donner à son acte va au-delà de l’action individuelle commise, avec une volonté de troubler l’ordre public par la terreur ».
Un mobile raciste revendiqué par l’auteur présumé
D’après Le Parisien, l’homme aurait affirmé dans l’une de ses vidéos « prêter allégeance au drapeau français » et incité les Français à « tirer » sur les personnes d’origine étrangère. Des propos qui ont renforcé les soupçons d’un crime à motivation raciste.
Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a fermement condamné les faits, les qualifiant de « racistes » et « prémédités ». Il a affirmé que « chaque acte raciste est un acte antifrançais », appelant à une mobilisation contre « le poison qui tue », lors d’une déclaration à l’issue d’un échange avec le Premier ministre François Bayrou.
Dans la soirée, il s’est entretenu avec son homologue tunisien, Khaled Nouri, qui a exprimé sa vive émotion et appelé à des garanties de sécurité pour les ressortissants tunisiens vivant en France. « Ce crime a suscité un profond mécontentement et une profonde tristesse dans l’opinion publique tunisienne », a souligné M. Nouri dans un communiqué officiel.
Réactions politiques et appel à l’unité républicaine
Les réactions politiques ont été nombreuses. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé un « infâme meurtre raciste » et critiqué la communication de Bruno Retailleau. Il a appelé à ne pas attiser la haine, déclarant : « Tous les Français informés constatent la faillite dangereuse de Bruno Retailleau ».
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a pour sa part évoqué un crime « odieux et révoltant » et condamné les « immondes vidéos xénophobes » de l’auteur présumé. Elle a lancé un appel : « Mobilisons-nous pour la République et contre les poisons du racisme, de la haine et de la division ».
L’association SOS Racisme a elle aussi réagi, dénonçant dans un communiqué un « double crime » et accusant le « camp du racisme » d’avoir légitimé la haine sous toutes ses formes.
L’alerte a été donnée par la compagne du suspect. Les forces de l’ordre, assistées par l’unité locale du GIGN, sont intervenues rapidement pour procéder à l’interpellation du suspect.
Avec AFP










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