La famille d’Amine K, jeune écologiste marseillais engagé aux côtés des proches touchés par le narcobanditisme après la mort brutale de son grand frère en 2020, a subi un nouveau drame jeudi avec l’assassinat en plein jour de son petit frère.
Aux environs de 14H30, un homme de 20 ans, inconnu des autorités, a été tué par balle dans le 4e arrondissement de Marseille, près de la principale salle de concert de la ville, selon le procureur de Marseille, Nicolas Bessone, qui n’a pas révélé son identité.
« Une moto s’est portée à hauteur du véhicule de la victime qui venait de se garer. Le passager arrière de la moto a tiré à plusieurs reprises sur la victime, qui était toujours dans son véhicule. Plusieurs étuis de 9 mm ont été retrouvés sur place », précise le procureur.
D’après des sources concordantes, il s’agissait du petit frère d’Amine K, militant associatif et écologiste marseillais, une information confirmée par Christine Juste, adjointe écologiste au maire, qui a exprimé sa profonde tristesse et sa colère.
« J’ai énormément de peine pour mon ami et sa maman, aucune mère ne devrait vivre cela, la perte de deux enfants. Et je suis en colère qu’on puisse, dans la 2e ville de France, assassiner aussi facilement en plein jour des gens », a-t-elle déclaré.
La cheffe des Écologistes Marine Tondelier a évoqué les « circonstances atroces » de ce nouveau drame touchant un jeune homme « qui voulait devenir policier », assurant son soutien à Amine K.
Une enquête sensible au cœur d’une violence urbaine persistante
Le parquet a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée et association de malfaiteurs, tandis que les premiers éléments ne permettent pas d’établir un lien avec le narcobanditisme.
Selon une source proche du dossier, Amine K était protégé judiciairement depuis la publication d’un ouvrage adressé à son frère Brahim, victime d’un triple meurtre en 2020 qui avait bouleversé sa vie.
Ce jeune passionné de politique, ayant grandi dans une cité des quartiers nord, avait créé l’association Conscience pour accompagner les familles touchées et modifier la perception de ces victimes.
Après le rejet des derniers recours d’un mis en cause début novembre, le procès concernant la mort de Brahim devrait se tenir dans l’année à venir.
Amine K expliquait que Brahim était le seul de la fratrie à être tombé dans la drogue, rappelant lors d’un portrait en 2024 son engagement aux européennes pour représenter la jeunesse et les quartiers populaires.
« La politique ne m’a jamais tendu la main, alors j’ai décidé de la prendre à la gorge (…). Brahim, c’est toi qui m’a jeté dans ses bras le jour où tu as brûlé dans une voiture », écrit-il dans son livre « Marseille, essuie tes larmes », publié par Le Bruit du monde.
Selon un décompte de l’AFP, 14 personnes ont été tuées dans des narchomicides depuis le début de l’année dans les Bouches-du-Rhône.
- Ce qu’il faut retenir : La famille d’Amine K est frappée par un nouveau meurtre en plein jour. Une enquête pour assassinat en bande organisée vient d’être ouverte. Le contexte de violence liée aux narchomicides reste particulièrement préoccupant dans le département.
Avec AFP






