La préfecture des Bouches-du-Rhône a ordonné lundi la fermeture temporaire de la mosquée des Bleuets, située dans les quartiers Nord de Marseille. Cette décision, motivée par les positions jugées « radicales » de son imam, sera contestée devant la justice administrative.
Il y a un an, la préfecture de police avait déjà envisagé de fermer ce lieu de culte. L’imam Ismail — de son vrai nom Smaïn Bendjilali — avait alors promis de suivre une formation sur la laïcité, évitant ainsi la fermeture de la mosquée malgré des tensions persistantes entre les autorités et l’institution religieuse.
Fin mai, le tribunal de Marseille avait condamné l’imam à six mois de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, après le partage d’un message sur X en lien avec l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël. Il a depuis fait appel de cette décision.
Fermeture de la mosquée des Bleuets : la préfecture justifie une mesure de sécurité, la défense dénonce une stigmatisation
Dans un arrêté publié lundi, le préfet Georges-François Leclerc accuse l’imam de maintenir « une défense d’une pratique radicale de l’islam, qui instaure un terreau propice à la commission d’actes violents ». Le document évoque aussi « une proximité idéologique avec des prédicateurs de haine » et des « liens avec des individus prônant un islam radical » relayés sur les réseaux sociaux.
Le texte reproche également à la mosquée et à son imam d’avoir exprimé en ligne « des positions favorables à l’organisation terroriste Hamas » et, « sous couvert d’antisionisme, haineuses à l’encontre de l’État d’Israël ».
Les avocats de la mosquée et de l’imam ont confirmé à l’AFP qu’ils saisiront mardi le tribunal administratif dans le cadre d’une procédure d’urgence. L’audience pourrait se tenir dans les 48 heures suivant le dépôt du recours.
Me Rafik Chekkat dénonce des accusations « d’incitation à la haine » qu’il estime relever d’«une catégorie juridique fourre-tout (…), l’une des plus floues du droit ».
Concernant la durée de fermeture, l’avocat considère que « l’idée, c’est d’apposer un stigmate sur la mosquée des Bleuets. Deux mois c’est rien. Ce stigmate-là va coller à la mosquée pour des années ».
Georges-François Leclerc, aujourd’hui préfet de Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’était déjà illustré en 2023 lorsqu’il avait retiré le contrat d’association de l’État au lycée musulman Averroès de Lille. Une décision finalement annulée par le tribunal administratif, qui avait rétabli ce contrat en avril dernier.
Avec AFP






