Abîmée par les embruns, le mistral et la pollution, la Bonne Mère, symbole de Marseille, vient de retrouver sa brillance après neuf mois de restauration, célébrés dimanche par une procession et un spectacle son et lumière.
Au terme de ce vaste chantier lancé en février, pas moins de 40.000 feuilles d’or ont été appliquées sur la statue de Notre-Dame de la Garde, haute de 10 mètres et pesant 10 tonnes, ultime étape de cette remise à neuf.
Dressée au point le plus élevé de la ville, à 220 mètres d’altitude, cette vierge à l’enfant « fait partie de la famille des Marseillais », a déclaré le cardinal de Marseille Jean-Marc Aveline lors d’une cérémonie bondée à l’abbaye de Saint Victor, autre haut lieu religieux de la cité.
Croyants ou non, les habitants de Marseille entretiennent avec elle une forme de « proximité », allant jusqu’à lui confier « les malheurs de leur vie », a encore souligné Mgr Aveline, avant le départ d’une procession vers ce site le plus fréquenté de la ville, où les festivités se sont conclues par un show du DJ Michael Canitrot, déjà présent pour la réouverture de la cathédrale Notre-Dame à Paris.
Ce soir, notre Bonne Mère brillera plus fort que jamais. ✨
— Martine Vassal (@MartineVassal) December 7, 2025
En ce temps de l’Avent, quel bonheur de voir ce symbole marseillais restauré retrouver son éclat et illuminer à nouveau notre ville.
Merci aux donateurs qui ont rendu cela possible. Rendez-vous pour un spectacle son et… pic.twitter.com/ap3jpOU4UE
Notre-Dame de la Garde, entre dévotions intimes et grand show marseillais
Evelyne Gasquet, 79 ans, se rappelle ainsi y être allée « tous les dimanches pendant un an » pour soutenir sa soeur « gravement malade », estimant avoir été « exaucée ». Avec son mari, elle grimpait aussi régulièrement sur la colline « en randonnée, pour soutenir les projets professionnels » de leur fille, là encore, exaucés selon elle.
En pleine reconversion, Mélanie Blanc, 34 ans, raconte comment sa grand-mère venait y prier pour le retour de son mari de la guerre d’Algérie, un retour « que ma grand-mère a attribué à la Bonne Mère ». « Ca fait du bien d’y aller, ça me reconnecte au sacré », confie aujourd’hui la jeune femme.
« On a l’impression que, sans sa Bonne Mère, cette ville va disparaître », plaisante pour sa part Bernard Combelles, 63 ans, cadre chez l’armateur marseillais CMA CGM, qui relève aussi « la proximité des responsables politiques et de l’église. A chaque évènement religieux, ils sont là ».
Ce vaste chantier a représenté un budget total de 2,8 millions d’euros. Environ 40.000 particuliers et plusieurs entreprises ont contribué à hauteur de 1,5 million d’euros, le reste ayant été pris en charge par les collectivités.
- Ce qu’il faut retenir : Après neuf mois de travaux, la statue de Notre-Dame de la Garde, recouverte de 40.000 feuilles d’or, a retrouvé son éclat lors d’une cérémonie très suivie à Marseille. Habitants et fidèles y expriment un attachement intime, mêlant souvenirs familiaux, prières exaucées et besoin de sacré. Le chantier, d’un coût de 2,8 millions d’euros, a été financé par des dons de milliers de particuliers, d’entreprises et par les collectivités.
Avec AFP







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