Mardi, la justice a infligé des peines de prison avec sursis probatoire et de lourdes amendes à deux dirigeants d’entreprise et à cinq pêcheurs, pour une récolte illégale de tonnes de palourdes dans l’étang de Berre, près de Marseille.
Ces pêcheurs, simples amateurs dépourvus de toute licence professionnelle, ont durant plusieurs mois ramassé puis vendu des centaines de kilos de palourdes à la société Cap Horn, dépassant largement le plafond quotidien de deux kilos fixé pour la pêche de loisirs.
Ils ont aussi, à certaines périodes, pêché en dehors des autorisations, y compris lorsque la pêche était interdite en raison d’une pollution à l’E. coli.
Selon l’enquête, ce trafic aurait permis de récolter plus de 24 tonnes de palourdes.
Trafic de palourdes dans l’étang de Berre : de lourdes sanctions pour encadrer la pêche de loisirs
Pour des faits commis entre mars et novembre 2024, le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a condamné le couple dirigeant de la société Cap Horn à un an d’emprisonnement avec sursis probatoire sur deux ans, assorti de 200 jours-amendes fixés à 20 euros chacun, soit un total de 4 000 euros, a détaillé auprès de l’AFP Me Isabelle Vergnoux, avocate de deux associations environnementales parties civiles.
La société Cap Horn écope pour sa part d’une amende de 50 000 euros avec sursis, ainsi que d’une interdiction de revendre des produits de la pêche pendant cinq ans.
Les cinq autres prévenus se voient infliger une sanction identique de 200 jours-amendes à 20 euros. L’ensemble des personnes condamnées se voit interdire d’exercer toute activité de pêche pendant deux ans, ainsi que d’accéder à la plage du Jaï, sur les rives de l’étang, pendant trois ans.
Pour Me Vergnoux, qui représente France Nature Environnement Paca et l’ASPAS (Association Protection des Animaux Sauvages), cette décision de justice constitue « un avertissement, on ne peut pas piller la nature comme ça, au mépris des règles sanitaires ».
Le couple dirigeant et la société Cap Horn sont condamnés à verser à chacune des deux associations la somme de 10 000 euros au titre du préjudice moral, tandis que les autres prévenus devront s’acquitter de 2 000 euros chacun.
Les condamnés disposent d’un délai de dix jours pour faire appel de ce jugement.
Des interceptions téléphoniques réalisées durant l’enquête ont mis en lumière une forme de « pression », selon les termes retenus par le tribunal, exercée par Jean-Michel Zanon, PDG de Cap Horn, sur les pêcheurs afin d’obtenir toujours davantage de palourdes.
- Ce qu’il faut retenir : La justice a sanctionné des pêcheurs amateurs et une entreprise pour un trafic de palourdes illégal dans l’étang de Berre. Les peines combinent prison avec sursis, amendes, interdictions de pêche et de revente, ainsi que des indemnisations pour les associations environnementales. Le tribunal entend envoyer un signal contre le pillage des ressources naturelles et le non-respect des règles sanitaires.
Avec AFP



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