Le Mentonnais Thomas Rodier se destinait à devenir ingénieur. Mais la vie en a décidé autrement. Il y a quatre mois, un médecin lui a annoncé qu’il allait bientôt perdre la vue. Depuis, il se tourne vers de nouveaux rêves. 

Un skate à l’entrée et une casquette sur la commode. C’est dans l’appartement d’un jeune comme les autres que nous sommes accueillis par Thomas. Pourtant son histoire, elle, n’a rien de banale. Ancien étudiant en ingénierie, il souffre de problèmes oculaires. « J’ai déjà perdu 60% de ma vision centrale », explique-​t-​il à Nice-​Presse.

Après des années d’examens, il découvre en novembre dernier la cause de ses maux : la rétinite pigmen­taire. Une maladie génétique dégéné­rative qui va le rendre aveugle dans les cinq à dix années à venir. Pourtant, le jeune homme de vingt ans reste positif et souriant. Il nous met à l’aise, « asseyez-​vous, on sera plus confor­tables pour discuter ». 

Certains se seraient décou­ragés face à cette nouvelle, mais ce n’est pas son cas : « accepter de perdre la vue c’est difficile, mais je n’ai pas le choix. Je dois penser à l’avenir de façon différente ».

Une passion pour les technologies

Originaire de Nice, il effectue sa scolarité à Monaco. Après avoir obtenu un bacca­lauréat scien­ti­fique, il se tourne vers une classe prépa­ra­toire en ingénierie à Bordeaux. Une vocation pour lui. 

« Depuis que je suis petit, les techno­logies m’attirent. Je cherchais constamment à créer de nouvelles choses. Par exemple, il y a deux ans j’ai voulu acheter un skate­board électrique, mais il n’y avait pas les perfor­mances que je souhaitais. J’ai donc fabriqué le mien. Le modèle E-​SK8 peut rouler jusqu’à 45km/​h », explique-​t-​il fièrement. 

Pour confec­tionner cet appareil, Thomas est parti seul en Chine durant tout un été. « Je devais acheter des pièces très spéci­fiques pour le créer. Je me suis donc rendu dans l’entreprise AE board. Ils m’ont fait visiter l’usine et tester les produits ». En avril, il avait également prévu de passer plusieurs mois en Asie pour son stage de fin d’étude. Un projet qu’il a finalement dû abandonner. 

Si son parcours était tout tracé, ses rêves se sont écroulés à la suite de l’annonce de sa maladie. 

« Être ingénieur quand tu es aveugle ce n’est pas évident. Certains diront le contraire, mais d’après moi c’est carrément impos­sible ». Il prend alors la décision de tout arrêter en décembre dernier et rentre à Menton, auprès de sa famille. « Pour eux aussi ça n’a pas été simple. Cette situation a affecté tout mon entourage ».  C’est sans chercher à se faire plaindre qu’il raconte l’arrivée de cette nouvelle dans sa vie. Il reste enthou­siaste mais aussi plein de vie. Surtout quand il parle de skate, sa seconde passion après les technologies.

Depuis ses dix ans, il n'a pas lâché sa planche. C’est en réalité son moyen de transport dans la vie de tous les jours. « Mais avec ma vision réduite je ne vois pas toujours tout. Parfois ça peut faire très mal », précise-​t-​il, en rigolant.

Une chaîne YouTube pour informer

En dehors de la pratique de son sport favori, ce passionné a des journées bien remplies. 

Lors de son retour à Menton, il décide de créer sa propre chaîne Youtube. « Suite à l’arrêt de mes études, j’ai direc­tement réfléchi à une recon­version ». Le but ?  Informer sur sa maladie tout en créant du diver­tis­sement. Lancé dans son projet depuis plusieurs mois, il a déjà de nombreuses idées en tête. Il voit les choses en grand : « j’ai étudié le fonction­nement de ce réseau, maintenant je veux arriver d’une manière forte avec ma chaine." 

"Des choses complè­tement folles sont en cours pour attirer les specta­teurs". Plein d’ambition, il a déjà effectué plusieurs colla­bo­ra­tions dont une avec le youtubeur La Menace, connu pour ses caméras cachées. 

En parallèle, Thomas a lancé une cagnotte en ligne, pour l’aider à payer de nouveaux traite­ments si la recherche en développe de nouveaux, mais également pour améliorer sa vie au quotidien en tant que malvoyant.

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