Alors que plusieurs gérants de discothèques étaient conviés ce lundi matin à l’Élysée, le gouvernement a annoncé qu’elles pourraient rouvrir dès le 9 juillet prochain. Une bonne nouvelle pour les professionnels du monde la nuit, qui n’est cependant pas sans les inquiéter.
Premier jour de l’été, fête de la musique, levée du couvre-feu… et comme un bonheur n’arrive jamais seul, les établissements de nuits pourront eux-aussi bientôt rouvrir leurs portes.
« On attend cette reprise et on s’y prépare depuis un an et demi. Mais il y a une réalité de dirigeant d’entreprise qu’on n’oublie pas » témoigne Jordan Galtier, le directeur du Palace Club à Nice. Ce patron de boîte de nuit n’avait plus de perspective d’avenir jusqu’à ce matin.
Alors cette nouvelle lui redonne espoir. C’est la première fois depuis quinze mois qu’une réouverture est programmée. Celui qui a hâte de retrouver ses clients ainsi que ses artistes, appréhende toutefois un redémarrage compliqué.
« On est 1.600 discothèques en France qui vont commander au même moment une quantité phénoménale de stock. Il va y avoir une inflation, c’est obligatoire » alarme le gérant niçois. Il craint d’être obligé de devoir se rattraper sur les prix des entrées et des consommations.
Les responsables de discothèques ne vont avoir que quelques semaines pour se préparer : faire passer les commissions de sécurité, reconstituer une trésorerie et se réapprovisionner.
Franck Trouet, membre du GNI, un syndicat représentatif des établissements de nuit, a peur qu’ils n’aient pas le temps de s’organiser : « La programmation va être difficile à mettre en place puisque les DJ ont été engagés ailleurs (fêtes privées…)».
Alors les professionnels du secteur doutent que les premières semaines soient extrêmement rentables, comme l’estime Jordan Galtier : « On va ouvrir essentiellement pour le plaisir de retrouver nos clients, de travailler et de faire tourner l’entreprise ».
Lire aussi : Covid-19 : les discothèques de retour en juillet
Rouvrir oui, mais sous quelles conditions ?
Ce lundi matin, le ministre délégué aux Petites et moyennes entreprises, Alain Griset et la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, ont communiqué le protocole sanitaire sine qua non à la réouverture des discothèques.
Les discothèques, c’est ce dernier secteur de notre économie qui n’était pas rouvert. C’est désormais acté, rendez-vous sur la piste de danse à partir du :
— Alain Griset (@alaingriset) June 21, 2021
▶ 9 juillet. @R_Bachelot @sarahelhairy https://t.co/fiInExeBDH pic.twitter.com/uaUA3qN5Du
Pour passer les fameux contrôles à l’entrée des boîtes, il faudra désormais être muni d’un pass sanitaire. C’est-à-dire être en possession d’une certification de vaccination ou bien d’un test négatif au coronavirus.
Une jauge de 75% sera également imposée en intérieur. Une incompréhension pour Jordan Galtier :«Les restaurants vont pouvoir rouvrir à 100% en intérieur et en terrasse. Pourquoi les personnes pourraient s’assoir à table et être collées, mais pas danser en discothèque ? En réalité, le risque chez nous n’est pas plus élevé qu’ailleurs. »
Pour Franck Trouet, il s’agit de la meilleure solution possible. Mais le conseiller syndical comprend que cette solution puisse en effrayer certains, puisqu’il faut un certain taux de remplissage avant d’être rentable. « Dans tous les cas, qu’ils soient ouverts ou non, il y aura un accompagnement financier » assure-t-il.
Selon les syndicats du secteur de la nuit, 25% des boîtes seraient dans l’incapacité de répondre aux conditions de réouverture.
Quant à lui, le patron du Palace Club compte bien tout mettre en place pour pouvoir reprendre son activité le 9 juillet : « On se battra pour que nos clients puissent faire la fête comme ils aimaient la faire avant que tout ça se produise ».






