Inaugurée mardi 23 juin rue des Sœurs Munet, la salle Mélanie est un espace spécialement aménagé pour entendre les mineurs victimes de violences. Yannick Dupin, chef de service de la circonscription de Police Nationale de Menton, nous explique les contours de ce nouveau dispositif.
Des jouets sur les étagères, des poupées dans un coin, de petits fauteuils. Rien ne traduit l’ambiance d’un commissariat. C’est pourtant bien la police nationale qui vient d’ouvrir à Menton sa toute première salle Mélanie, également compétente sur Roquebrune-Cap-Martin et Beausoleil.
« On était un peu le mauvais élève, mais le cahier des charges est tellement compliqué à respecter qu’on ne pouvait pas le faire avant » reconnaît Yannick Dupin, chef de service de la circonscription, dans Menton-Presse. « C’est vraiment une grande avancée pour le territoire. »
Derrière ce nom, une histoire. La salle porte en effet le prénom de la première jeune fille à avoir bénéficié du dispositif, il y a une vingtaine d’années. Le principe, qui s’est depuis répandu dans toute la France, consiste à « recueillir la parole de victimes âgées de 2 à 10 ans, que ça soit pour des infractions sexuelles, des violences intrafamiliales, du harcèlement ou de la maltraitance. »
Un lieu pensé dans les moindres détails
Une pièce avant tout aménagée pour rassurer. On y trouve une maison de poupées, qui permet de désigner où les faits se sont déroulés (cuisine, chambre, salon…) à l’aide de figurines représentant le père, la mère et l’enfant. S’y ajoutent des figurines spécifiques, introuvables dans le commerce, qui aident le jeune à montrer ce qu’il a subi sans avoir à trouver les mots.
Autre détail réfléchi, une table basse en verre. « Elle permet de voir les gestes, même en-dessous » explique Yannick Dupin. « Dû à leur jeune âge, ils parlent parfois plus avec le corps qu’avec des mots. »
L’audition suit quant à elle un protocole rodé. Un enquêteur recueille la parole de l’enfant, le laisse s’exprimer et relance. Derrière une vitre sans tain, un second enquêteur pilote la caméra qui enregistre le son et l’image et lui souffle au besoin des questions par oreillette. L’ensemble est ensuite retranscrit sur procès-verbal.
Déjà cinq auditions et de premiers résultats
Pour le commissaire, le dispositif poursuit deux objectifs. « D’une part, la protection de l’enfant. Ça va lui éviter de redire les faits. Il les raconte une fois. C’est très douloureux. Tout étant enregistré, on n’aura plus à le solliciter ».
De l’autre, une meilleure qualité du traitement judiciaire, favorisée par un témoignage qui se libère plus aisément, dans un cadre apaisant. « Aller dans un commissariat peut être très traumatisant. Il y a plein d’adultes, ça crie… »
Installée dans un local de police laissé à l’abandon depuis une dizaine d’années et entièrement rénové, la salle a tout d’un appartement ordinaire. Si l’inauguration officielle s’est tenue mardi 23 juin, en présence du procureur et de la direction départementale de la PN, elle est en réalité opérationnelle depuis plusieurs mois. Elle a déjà été mobilisée à cinq reprises, avec « de très bons retours. »





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