Discrète au milieu des immeubles du centre-ville, la salle Saint-Exupéry cache une histoire peu connue. Avant d’accueillir conférences et spectacles, le bâtiment était un temple presbytérien fréquenté par la communauté britannique de Menton.
Au premier regard, rien ne trahit vraiment son origine. La salle Saint-Exupéry passe presque inaperçue dans le paysage azuréen.
Pourtant, derrière cette façade discrète se cache un édifice au passé singulier. « Avant de devenir un lieu de conférences et de spectacles, le bâtiment était un temple presbytérien écossais » raconte à Menton-Presse David Rousseau, chef de projet Ville d’art et d’histoire.
Pour retrouver les premières traces de ce lieu, il faut remonter au 16 mai 1890. Ce jour-là, le conseil municipal autorise le pasteur James Ewing Sommerville à faire construire une église destinée à la congrégation anglo-saxonne.
À la fin du XIXᵉ siècle, Menton accueille alors de nombreux hivernants britanniques venus profiter du climat doux de la Riviera.
Un rachat pour des millions
« Le temple a ouvert ses portes en juillet 1891. Le pasteur Sommerville y a officié jusqu’en 1920, avant d’être remplacé par le révérend Arnott. Mais avec le temps et les bouleversements du XXe siècle, les offices religieux ont disparu progressivement et la Seconde Guerre mondiale a marqué définitivement la fin de cette activité. »
Dans les années 1950, l’avenir du bâtiment prend une autre direction. En octobre 1955, l’association cultuelle propriétaire met gracieusement les locaux à disposition de la Ville pour organiser des conférences. L’idée d’un rachat fait alors son chemin.

Les négociations avec l’Église d’Écosse à Édimbourg seront longues. Finalement, le 25 mai 1957, la municipalité dirigée par Francis Palmero achète la bâtisse pour 7 millions de francs, payables en sept annuités.
Quelques années plus tard, le 25 janvier 1968, l’édifice renaît officiellement sous une nouvelle identité : la salle Saint-Exupéry.
Architecture restée intacte
Encore aujourd’hui, certaines traces de cette origine religieuse restent visibles. À l’intérieur, la voûte d’origine a notamment été conservée.

« Elle est en bois, de l’époque, vraiment magnifique. On a presque l’impression d’être dans une église nordique. » Si des sièges et une scène ont été installés, l’esprit du lieu n’a pas été dénaturé.
« La structure est restée assez proche de l’état d’origine. On a adapté l’espace, mais elle est restée dans son jus. Cette architecture n’est pas banale, mais elle souffre d’être entourée par de grands bâtiments. On manque de recul pour admirer la façade. Du coup, les gens y prêtent parfois moins attention. Et c’est bien dommage ! »



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