Alors que les riverains se plaignent de plus en plus au sujet de « populations errantes souffrant d’addictions », la mairie de Nice interpelle l’hôpital public.
Un courrier qui intervient dans un contexte particulier à Nice. Souvenez-vous, cet été, de l’épisode de la fermeture de la rue Tiranty, dans le centre-ville. La partie visible d’un plan plus large pour essayer d’endiguer la mendicité agressive et de mieux encadrer les fauteurs de troubles dans les artères niçoises.
Un dispositif qui aura duré seulement quelques jours, mais qui exprime assez bien l’exaspération face à cette situation. Le maire a d’ailleurs adressé une lettre à Rodolphe Bourret, le directeur général du CHU, cette semaine.
Des sans abri toujours plus nombreux
Dans ce texte, l’édile maralpin espère que le CHU « repense la prise en charge sanitaire » des « populations errantes souffrant d’addictions ». Des sans abri par moments drogués « toujours plus nombreux » et dont les agissements auraient une « incidence majeure pour la population ».
Alors, le premier magistrat réclame que l’établissement de santé retravaille son « offre de soins en augmentant sa capacité d’accueil, avec le soutien des collectivités si cela s’avérait nécessaire. » Il rappelle par ailleurs que l’hôpital possède « des experts reconnus sur le plan international. Les populations les plus en difficulté doivent y être prises en charge. »
Centres d’accueil et bus sanitaire…
Dans ce courrier, il n’est pas question de mesures concrètes. Cependant, Christian Estrosi affirme que la commune « soutient le mouvement associatif », via notamment les deux CAARUD. Ces centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues sont gérés par les groupes SOS et la Fondation de Nice, auxquels la municipalité reverse 12.000 et 160.000 euros. Un de ces sites verra par ailleurs son nombre de places augmenter du fait de la demande croissante.
L’édile met aussi en avant l’arrivée récente d’un bus sanitaire permettant d’aller à la rencontre des personnes en situation d’errance et d’addiction. Une structure mouvante au sein de laquelle œuvrent une infirmière, un médecin et un travailleur social.
Quels moyens et mesures pour le CHU ?
Avec la tenue d’un congrès international d’addictologie dans la capitale maralpine le 3 novembre prochain, Christian Estrosi espère accélérer les choses sur ce sujet. Il souhaite en tout cas définir avec le CHU une stratégie commune, « un schéma directeur », pour « très prochainement » mieux s’occuper des SDF tombés dans la dépendance à divers stupéfiants.
Un point qui était réclamé par la gauche cet été au moment de la fermeture de la « rue des toxicomanes ». Le socialiste Patrick Allemand disait ceci dans nos colonnes au mois de juillet. « Plutôt que d’empêcher les gens de circuler, il est indispensable de mettre en place un dispositif d’accompagnement et d’ouvrir un local en centre-ville. Des travailleurs sociaux plutôt que des vigiles. »






