C’était l’annonce choc de la Mairie, vendredi dernier : dans le centre-ville, la « rue des toxicomanes » sera dès cette semaine soumise à un accès restreint, avec des portiques, des barrières et des policiers municipaux, remplacés d’ici quelques jours par des vigiles. La gauche n’y voit pas une solution.

« La Ville de Nice met tout en œuvre pour faire face à une intensification alarmante de la grande précarité, avec le cas d’une zone où la tension est particulièrement préoccupante : la rue Tiranty » égrenait notamment Christian Estrosi, le 11 juillet.

« Dans cette rue, les riverains regrettent l’installation de toxicomanes sous l’emprise de produits nécessitant des injections. Face à cette situation devenue intolérable et dénoncée à plusieurs reprises par Christian Estrosi auprès des autorités compétentes, ce dernier a décidé de prendre un arrêté pour motif de salubrité et trouble à l’ordre public en limitant les accès entre 8h et 20h. (L’axe) ne sera désormais accessible qu’aux ayants-droits et aux personnes se rendant dans les commerces ou les cabinets médicaux. »

La police municipale, qui assurera la mise en œuvre de cet arrêté « en lien avec des entreprises de sécurité privée », « était sur place ce mardi pour prendre attache avec les riverains et les commerçants. » Le nouveau dispositif doit être mis en place mercredi.

« Des travailleurs sociaux plutôt que des vigiles »

Avant-même son lancement, il est dénoncé par la gauche locale. Ainsi, pour Patrick Allemand, chef de file des socialistes pour les prochaines élections municipales, « c’est terrible d’etre incapable d’admettre que l’on s’est trompé. Ce qu’il se passe rue Tiranty, est le résultat de la décision de Christian Estrosi de fermer le CAARUD – le centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques des usages de drogues – de la rue Offenbach (en 2012, NDLR) ».

« Cette structure permettait notamment d’accueillir et d’accompagner des SDF ou des toxicomanes. Depuis sa disparition, c’est tout le centre ville qui est concerné.
Les personnes droguées, parfois agressives, se déplacent de rue en rue (boulevard Raimbaldi, aux abords de la basilique Notre-Dame, autour de nombreuses entrées d’immeubles…) Les mesures annoncées par le maire ne sont que de la poudre aux yeux. »

« Plutôt que d’empêcher les gens de circuler, il est indispensable de mettre en place un dispositif d’accompagnement et d’ouvrir un local en centre ville. »

De l’autre côté du spectre politique, vendredi, le député Eric Ciotti dénonçait également dans nos colonnes cette initiative, y voyant une opération de communication. Mais il n’évoquait pas de plan B.

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Passionné de cinéma, de littérature américaine et de balades en Italie. Diplômé d'un bachelor en journalisme depuis 2019, Niçois depuis 2012 !

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