Les Alpes-Maritimes durcissent le ton pour protéger leurs réserves d’eau avant les fortes chaleurs de la haute-saison. Plusieurs municipalités de la Riviera activent désormais des tarifs dissuasifs pour sanctionner les consommations excessives et garantir l’accès de tous à la ressource…
Le problème animera sans doute encore une fois l’été sur la Côte d’Azur. Nous ne sommes pas encore en juin, lorsque frapperont les premières fortes chaleurs, mais le risque de sécheresse est déjà envisagé. Avec notamment une question : comment concilier ces pénuries et le tourisme estival, qui vient ajouter une grosse pression sur les réserves ?
Les services de l’État sont déjà sur le pied de guerre, à faire de la prévention. En avril, Laurent Hottiaux, le préfet des Alpes-Maritimes, faisait appel à la responsabilité individuelle. « Soyons vigilants et responsables dès aujourd’hui pour éviter des restrictions », insistait-il. Car nous avons en mémoire les précédentes années marquées par des limitations d’usage de juillet jusqu’au cœur de l’automne.
Ainsi que l’explique France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, citant la préfecture, malgré les quelques précipitations de l’automne dernier, « la saison de recharge était encore largement déficitaire fin 2025″. Et l’hiver que nous avons traversé n’a pas permis de compenser ce manque. Autrement dit, et alors que juillet et août s’annoncent « plus chauds et secs que la normale », l’ombre d’une crise de l’eau plane sur le littoral azuréen.
À Nice, une facture d’eau à trois vitesses pour freiner les abus

Quelles sont les mesures mises en place sur ce sujet majeur ? Beaucoup de communes appliqueront des montants progressifs : plus vous consommez, plus vous payez. C’est le cas dans la métropole de Nice, où l’on a franchi le cap des 5 euros pour un mètre cube (5,06 euros TTC en moyenne). Ce qui inclut l’abonnement, l’assainissement et les redevances.
La hausse amorcée en 2024 est justifiée par trois piliers, dont celui de la redevance graduelle. On retrouve trois tranches : vitale, confort, gaspillage. Les foyers utilisant moins de 30 m³ par an bénéficient d’un taux « solidaire », tandis que les consommations au-delà de 150 m³ subissent un coût fortement dissuasif. Il faut également prendre en compte le traitement des micropolluants et la sécurisation du réseau dans la facture finale.
Payer l’eau plus cher en été, le pari de Cannes et Grasse pour protéger la ressource
Dans les pays de Cannes et de Grasse, la situation est la même. On y a lancé la « tarification saisonnière ». En 2026, certaines zones vont appliquer une variation de prix entre la période estivale (juin-septembre) et l’hiver. L’objectif est de faire contribuer davantage le secteur touristique à l’effort de préservation de la ressource lors des mois de forte tension.
Des changements qui répondent à l’urgence climatique. Et qui toucheront également les propriétaires d’une piscine. Toujours dans les secteurs cannois et grassois, les contrôles sur le remplissage des bassins privés ont été renforcés, couplés à une taxation spécifique pour les gros volumes dépassant les besoins domestiques standards…
Jusqu’à 63 % de hausse à Villeneuve-Loubet, les gros consommateurs dans le viseur
À Villeneuve-Loubet, les montants vont augmenter (jusqu’à +63 %) pour ceux qui tirent sur nos nappes phréatiques. Dans le viseur de la collectivité, certaines copropriétés de luxe et les locations saisonnières.
En plus de ces décisions départementales, d’autres contraintes entrent en compte. Il y a par exemple le « Plan Eau National », qui impose dans tous les lieux en « tension hydrique forte » (ce qui inclut la Riviera) de mettre en place une part variable progressive. Il existe aussi un arrêté préfectoral « sécheresse », qui maintient plusieurs bassins (Estéron, Paillon, Siagne) en état d’alerte, limitant drastiquement les « usages extérieurs non-essentiels ».



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