TÉMOIGNAGE. Coronavirus : vivre en Italie à l’heure de la pandémie

En confinement depuis plus d’un mois, l’Italie a été le premier pays européen touché par la pandémie de Covid-19. Témoignage 
Place du village de Marano Vicentino - Photo : Capture Google Maps

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CRISE SANITAIRE — «Ce n’est pas une simple grippe, c’est une chose bien plus grave !» Alors qu’en France le confinement a débuté le 17 mars, quelques jours avant, Lisa Rossi me mettait déjà en garde de la gravité des faits.

Cette jeune Italienne de 19 ans vit à Marano Vicentino, une petite ville à une centaine de kilomètres de Venise, en Vénétie. Région dans laquelle le premier décès lié au Covid-19 avait été enregistré le 21 février dernier.

«On s’est vite sentis délaissés par l’UE»

En Italie, le confinement a alors été décrété le 9 mars. «Depuis lundi, nous restons à la maison. Avec ma petite sœur nous avons des cours en ligne», m’expliquait Lisa. Alors qu’au même moment, en France, nous étions en train de crier fièrement que notre système de santé tiendrait lui le coup.

Chez nos frontaliers italiens, ce fut la stupéfaction.

«Au début ce n’était pas agréable de voir que l’Union européenne n’avait pas évalué la situation à sa juste valeur.»

«Parce qu’au final, ça a été démontré, c’est un réel problème sanitaire qui touche vraiment tous les pays

Puis sont arrivées «rapidement les aides médicales de la Chine, de Cuba, de Russie, d’Albanie… Pendant que du côté de l’Europe aucun accord n’avait été trouvé

Un avenir flou

Si Lisa s’intéresse en ce moment beaucoup à l’actualité, elle n’en oublie pas pour autant ses cours de relations internationales et droits humains. En première année à l’université, l’Italienne passera cette année ses examens «en visioconférence.»

Une nouveauté qui ne la met finalement pas en difficulté, «je devrais quand même y arriver je pense !» Si l’année scolaire est donc bel et bien dans son esprit, les vacances occupent elles aussi une place importante.

Alors que fin février, Lisa et moi réfléchissions à passer nos vacances ensemble, tout a été chamboulé. Si en France, nous fixons une date provisoire pour un déconfinement le 11 mai, en Italie ce n’est pas le même discours.

«Nous pensons à un retour à une situation normale d’ici le printemps 2021. Mais sûrement que d’ici cet hiver, la fin du confinement va être envisagée

Photo : Capture écran

Pour tenir au courant les Italiens des avancées, le Premier ministre est toutes les semaines en direct sur la chaîne de télévision nationale.

«Conte est chaque vendredi en visioconférence, il nous informe de la situation en Italie, nous donne des nouvelles dates et nous annonce les nouvelles mesures du gouvernement.» Mais le chef du gouvernement n’est pas le seul à tenir des discours.

«Le président de chaque région fait quotidiennement une conférence pour tenir au courant de la situation locale»

La télé toujours allumée dans son salon, Lisa décrit des publicités (ci-dessous) demandant de rester chez soi. Autour d’elle, tout le monde respecte bien les règles.

«Dans ma famille, c’est ma mère qui va faire les courses une fois par semaine avec le masque et l’attestation.»

«Ma sœur et moi on fait du sport, de la pâtisserie, on regarde des films, on appelle nos amis et on va balader le chien chacune notre tour. Mon père, lui, s’occupe du potager.»

Normalement aide à la personne à domicile, la mère de Lisa est en ce moment en chômage technique. C’est le même cas de figure pour son mari, Giorgio, qui lui travaille sur les chantiers, «normalement ils doivent reprendre le travail le 27 avril, mais rien de sûr encore.»

L’attestation réglementaire italienne, bien plus complexe que la nôtre. Visuel : Rivieractu

Pendant le confinement, leurs revenus viennent d’un organisme appelé «la cassa integrazione», l’équivalent du chômage partiel français. En attendant la fin de cette situation, tous cohabitent dans leur maison au village.

Aucun de leurs proches n’a été touché par le virus mais la famille reste malgré tout «inquiète» et espère «un retour à la normale au plus vite.»

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