Les travaux devant relier Tende à Limone, en Italie, sont une nouvelle fois menacés d’arrêt. La raison ? L’une des entreprises du chantier est sous le coup d’une enquête anti-mafia de la justice italienne…
Ce chantier va de retards en rebondissements. Du côté de la vallée de la Roya, cela fait désormais plus d’une décennie que le tunnel entre Tende et Limone, dans le Piémont, est en phase de construction. Mais entre la tempête Alex, la crise sanitaire du Covid-19 ou encore le scandale révélé il y a sept ans d’un trafic de matériaux, celui-ci n’a toujours pas vu le jour.
Et son inauguration pourrait encore être reportée si l’on en croit la presse transalpine. Comme l’expliquent nos confrères, Cogefa, entreprise appartenant à Edilmaco, le consortium chargé de la réalisation des travaux, est actuellement interdite d’exercer d’après La Guida. Elle est mise en cause par l’organisation anti-mafia italienne. Sous le coup d’une enquête, la filiale doit donc en attendant suspendre ses activités.
Des liens avec la ‘Ndrangheta ?
Elle est suspectée d’avoir eu des liens avec la ‘Ndrangheta, notamment sur le chantier de l’A32 Turin-Bardonecchia. Des contacts qui existeraient depuis plusieurs années, ce que confirme l’entreprise, justifiant des rapports « occasionnels survenus dans le passé » via des sociétés « présentement soumises à des mesures anti-mafia ». Précisons toutefois qu’elle assure que ni elle, ni ses dirigeants « ne sont impliqués ou sous enquête ».
La mise en cause ne présage en rien de la suite des investigations, mais cela pourrait tout de même impacter la suite des travaux du souterrain entre la France et l’Italie. Citée par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, l’Anas, gestionnaire des routes italiennes, souhaite que cela n’affecte pas l’avancée des aménagements dans les Alpes-Maritimes, surtout pour les points urgents et indispensables.
Cela est en effet autorisé par la loi italienne. Dans cette situation, une entreprise peut poursuivre le chantier pour les agencements ne pouvant pas être déplacés dans le temps. Le tunnel de Tende devrait rentrer dans ce cadre, sachant que les deux autres sociétés d’Edilmaco ne sont pas concernées par la procédure.
Aucune date de livraison annoncée
Aujourd’hui, on ne connaît pas la date de fin de ce serpent de mer. Début octobre, le maire de Breil-sur-Roya, Sébastien Olharan, avait énoncé sur X (anciennement Twitter) la liste des aménagements « à faire » : voûtes, éclairages, équipements de sécurité, déploiement des réseaux d’eau et d’électricité, ou encore revêtement de la chaussée.
Sur le calendrier, l’édile assure que l’ouvrage ne pourra pas être prêt cette année, tout en précisant que « l’échéance de début 2025 a été évoquée, mais je ne serais pas surpris que la livraison survienne plutôt au second semestre 2025″.
Lorsque la circulation sera rétablie, elle le sera avec un alternat. Enfin, pour le tunnel déjà existant, « un nouvel appel d’offre doit être lancé, ce qui peut laisser envisager une livraison en 2028″. Pour les habitants et futurs usagers, la patience est donc le mot d’ordre, car il faudra encore attendre plusieurs mois avant d’en voir la fin.
« Je suis très inquiète pour le tunnel de #Tende. Il est abandonné par l’Etat français ! »
— Alexandra Masson (@A_Masson06) May 6, 2024
📣 J’en appelle au Président de la République pour qu’il agisse afin que le tunnel de Tende soit rouvert au plus vite !
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Dans nos colonnes en avril dernier, la députée Rassemblement national du pays de Menton, Alexandra Masson, appelait même le président de la République Emmanuel Macron a intervenir, pour mettre fin à ce très vaste bourbier.






