Après les coupures massives d’électricité survenues à Cannes et Nice le week-end dernier, les enquêtes ont été centralisées à Marseille et confiées à des unités spécialisées, dont la sous-direction antiterroriste. Les faits, particulièrement graves, visent des infrastructures sensibles à quelques jours d’événements majeurs.
Le parquet de Marseille a confirmé vendredi avoir repris la main sur les investigations ouvertes à Grasse, Draguignan et Nice, après plusieurs actes de sabotage ayant privé d’électricité des dizaines de milliers de foyers sur la Côte d’Azur.
Ces investigations ont été confiées conjointement à la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire et à la section de recherches de la gendarmerie de Marseille.
Des actes ciblés contre des installations stratégiques
Les faits ont d’abord touché Cannes samedi, lors de la dernière journée du Festival international du film. Près de 160 000 foyers ont été affectés. Grâce à un système d’alimentation autonome, la cérémonie de clôture a pu être maintenue. Dimanche, c’est Nice qui a été touchée à son tour, à quelques jours de l’ouverture d’une conférence de l’ONU sur les océans.
L’origine des coupures est particulièrement préoccupante : à Tanneron (Var), un incendie a visé un poste électrique du réseau RTE. À Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes), un pylône de ligne à haute tension s’est effondré, trois de ses quatre piliers ayant été sciés.
Une menace prise très au sérieux par les autorités
Dans la nuit de samedi à dimanche, un nouvel incendie criminel a visé un transformateur situé dans le quartier des Moulins à Nice, zone sensible marquée par les trafics. Cet acte a plongé 45 000 foyers dans le noir pendant plusieurs heures. Les autorités n’écartent pas l’hypothèse d’une action coordonnée.
L’enquête a été ouverte pour « détérioration de biens de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation », « destruction en bande organisée du bien d’autrui par un moyen dangereux pour les personnes », ainsi que « préparation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime en bande organisée », selon le parquet.
Des revendications à vérifier et un renforcement de la sécurité
Un texte publié dimanche sur un site alternatif nantais revendique l’attaque de Cannes au nom de « deux bandes d’anarchistes ». Son authenticité reste à déterminer par les enquêteurs, qui poursuivent les vérifications.
Face à la gravité de la situation, le Premier ministre François Bayrou a annoncé mardi un renforcement des dispositifs de sécurité : « Le gouvernement va étendre la surveillance à tous les lieux critiques », a-t-il déclaré, en réponse à ces actes de sabotage qui visent des infrastructures névralgiques.
Avec AFP










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