Sur les hauteurs de la ville, Hubert Guillou et Arnaud Guillouzic ont transformé une friche agricole abandonnée depuis près de trente ans en verger. Arrivés en 2020, les deux associés exploitent aujourd’hui 230 arbres au sein de Terre De Citron & Co, une production intégrée à la filière IGP locale et livrée via la coopérative.
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Quand Hubert Guillou a posé le pied pour la première fois sur cet immense terrain agricole, la mer n’était plus visible. À sa place, une véritable jungle, où ronces, lierre et acacias avaient proliféré. Une exploitation agricole laissée à l’abandon depuis près de trente ans.
« On a mis un an rien que pour remettre le terrain en état, avant de pouvoir planter les arbres et installer l’irrigation » raconte-t-il, le doigt pointé vers les rangées de citronniers parfaitement alignées. Sur cette parcelle en pente douce qui surplombe Menton et la Méditerranée, le paysage a changé. Deux cent trente arbres ont été plantés depuis 2020.
Changement de vie
Des agrumes, aussi, en plus des quelques oliviers déjà présents, qui ont retrouvé une seconde jeunesse. « Ici, tout pousse. Les citrons et le reste. Il faut entretenir en permanence. » Chaque citronnier consomme environ cent litres par semaine et nécessite une taille régulière. « On dit qu’un oiseau doit pouvoir passer à travers l’arbre. »
Un cheminement qui n’avait pourtant rien d’une évidence il y a encore quelques années. Hubert Guillou et son compagnon Arnaud Guillouzic vivaient à Paris.
Lui travaillait dans l’agroalimentaire. Un ami retrouvé par hasard à Nice et la visite de cultures ont fini par faire basculer leur destin. « On s’est dit : on y va. »
Le couple passe par la Safer pour acheter le terrain, à treize euros le mètre carré. Cher pour une zone agricole, mais presque inévitable dans un secteur sous pression immobilière permanente. « En Bretagne, d’où je viens, on ne voit clairement pas ces prix-là… »
« C’est toujours une fierté »
« On ne vit pas tous de ça à Menton. La plupart des producteurs ont une double activité. Il faut payer l’eau, l’engrais, les charges, le foncier. » Cette année, ils produiront environ une tonne, en attendant d’exploiter le plein potentiel de leur verger, loin d’être encore arrivé à maturité.

Tous les plants proviennent de Corse, via la coopérative et un circuit encadré. « Le cahier des charges de l’IGP impose moins de vingt-quatre heures entre la cueillette et la livraison à la coopérative, puis vingt-quatre heures supplémentaires avant l’expédition. »
Chez Terre De Citron & Co on ne récolte que sur commande. « J’ai déjà retrouvé mes citrons sur un marché à Paris. C’est toujours une fierté. »
Plusieurs projets
Pour l’instant, Hubert Guillou travaille encore pour une chaîne de boulangeries. Son compagnon est salarié chez Air France. L’exploitation se développe à côté.
À terme, ils rêvent de transformation. Confitures, jus, produits dérivés… Peut-être même accueillir du public. « Des moments de calme, des séances de yoga face aux citronniers. » Les idées naissent, doucement.
Les deux producteurs possèdent aussi quelques ruches. « On en avait cinq, il n’en reste que deux. Les abeilles, c’est capricieux… et nous manquons de temps. » Au sein des rangées, les fruits sont luxuriants.
Certains sont déjà prêts. D’autres attendront encore quelques jours, voir quelques semaines, avant d’être cueillis. « On apprend. On ajuste les apports en eau, en engrais. On tâtonne encore un peu. Mais on est heureux. »









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