La saison du citron de Menton a démarré plus tard que d’ordinaire. Depuis début janvier seulement, les premiers volumes arrivent sur le marché. De quoi alimenter l’idée d’un départ timide ? Pour les professionnels de la filière, il s’agit surtout d’un retour à la normale après une année 2025 hors normes, marquée par des calibres exceptionnels.
« On a commencé la saison tardivement. Décembre a été très calme, et c’est vraiment depuis la première semaine de janvier qu’il y a du citron » confirme Christelle Piot, la directrice commerciale de la Coopérative Riviera Française, à Menton-Presse. En cause, une météo moins généreuse que l’an dernier. « Les agrumes sont gourmands en eau. Rien ne remplace la pluie. Même avec l’arrosage, le rendement dépend énormément des conditions climatiques. »
« 2025 a été un cru exceptionnel. Cette année, on revient sur des standards plus classiques » résume-t-elle. Conséquence directe, des citrons globalement plus petits, mais jugés parfaitement cohérents avec les exigences du marché.
Même constat du côté de l’Association pour la promotion du citron de Menton (APCM). « Les producteurs évoquent presque tous des calibres inférieurs à ceux de l’an dernier » observe pour Menton-Presse Stéphane Constantin, son directeur. « C’est logique. On n’a pas eu la même pluviométrie, et surtout on n’est pas sur une culture intensive. Les manques de pluie ne sont pas compensés par des arrosages excessifs. »

En 2025, la filière avait enregistré un record historique avec 108 tonnes de citrons apportées en station de conditionnement, contre 60 à 70 T les années précédentes. 93 T avaient été valorisées en IGP, le reste ayant été déclassé, notamment en raison de leur taille. « Les fruits trop gros posent problème à la transformation et à la distribution. Certains circuits n’en veulent tout simplement pas » souligne Stéphane Constantin.
Cette année, le niveau exact de production reste encore difficile à chiffrer. « On aura une vision plus précise entre avril et mai, quand le pic de récolte sera passé, et des premiers chiffres en février » indique-t-il. La filière fonctionne à flux tendu. Le citron n’est récolté que s’il y a une commande et n’est pas stocké. « La bonne santé se mesure surtout à la régularité des achats. »
Une IGP qui continue de séduire
L’essor du citron de Menton se lit ailleurs. Le nombre de producteurs engagés dans la démarche IGP ne cesse de croître. Ils sont désormais 110, avec une progression constante ces dernières années.
« L’IGP a clairement joué un rôle d’accélérateur » insiste Stéphane Constantin. « Elle a redonné une visibilité et une crédibilité à une filière qui avait fortement décliné jusqu’aux années 2000. »
Même les agrumes non labellisés bénéficient de cet effet d’image. Oranges, kumquats ou mandarines trouvent preneur auprès d’une clientèle sensible à l’origine, au goût et à l’absence de traitement. « Les clients associent l’IGP à une exigence globale » note Christelle Piot. « Un attrait pour l’ensemble de la production locale. »
La Coopérative Riviera Française, créée il y a près de quatre ans, joue un rôle central dans cette structuration. Elle écoule les citrons aussi bien auprès des commerces locaux que de grossistes et d’industriels, jusqu’à Rungis et dans toute la France. « Le local pur ne suffit pas toujours à faire vivre la filière. Ce sont les débouchés nationaux qui assurent sa pérennité. »
C’est quoi le « Citron de Menton IGP » ?
Reconnu en Indication géographique protégée (IGP), le Citron de Menton est issu d’un cahier des charges strict élaboré par l’Association pour la promotion du citron de Menton (APCM) avec l’INAO (Institut national de l’origine et de la qualité). Culture, irrigation, altitude, conditions climatiques, taille des arbres, certification des plants : chaque étape est encadrée pour garantir l’origine et la qualité du fruit. Ce label distingue un citron non traité après récolte, réputé pour sa douceur, son parfum intense et sa faible acidité, aujourd’hui plébiscité par les chefs et artisans bien au-delà de la Riviera.









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