Deux CRS seront jugés le 1er juin devant le tribunal correctionnel de Nice pour des faits présumés de violences et de vol commis en réunion sur un jeune homme de 22 ans. L’agression, survenue samedi dernier au petit matin dans le quartier de l’Ariane, a été filmée par un témoin et montre un passage à tabac alors que les suspects visibles étaient en état d’ébriété.
La pénombre du quartier de l’Ariane n’a pas suffi à dissimuler la scène. Samedi dernier, vers cinq heures, un jeune homme né en 2003 s’était installé dans son fourgon, stationné juste en bas de son immeuble. Pour passer quelques instants au calme et « dessoûler » après une soirée entre amis avant de regagner son domicile.
Alors qu’il se trouvait au téléphone, une dispute éclate avec deux individus passablement éméchés. Ces derniers, qui marchaient à proximité, ont cru être la cible d’insultes proférées par le conducteur durant sa conversation privée. La situation bascule alors dans un déchaînement de violence physique.
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— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) April 23, 2026
Un déchaînement de violence filmé
Un riverain, alerté par le bruit, a saisi son téléphone pour filmer la scène. Les images, qui ont rapidement circulé sur les réseaux sociaux, sont accablantes. Le parquet de Nice décrit un homme au sol recevant « de nombreux coups notamment à la tête ». La victime est également traînée par terre par les cheveux sous les yeux du voisinage.
Le jeune homme de 22 ans a livré un témoignage douloureux dans les colonnes de Nice Matin : « J’ai des bleus, des ouvertures partout sur le corps, au dos, aux genoux, aux bras ». À l’issue de son examen médical, les blessures constatées ont entraîné une incapacité totale de travail (ITT) de quatre jours. L’homme s’est dit « blessée et choquée » par la brutalité de l’interaction.
L’intervention des riverains n’a pas calmé les agresseurs, bien au contraire. Lorsqu’un voisin a manifesté l’intention d’appeler les forces de l’ordre pour faire cesser le massacre, les deux mis en cause ont rétorqué avec aplomb : « c’est nous la police ». Une affirmation qui a pris tout son sens quelques jours plus tard.
Des policiers en état d’ivresse ?
L’analyse des caméras de vidéoprotection de la ville de Nice est venue corroborer le récit de la victime. Selon le procureur de la République, Damien Martinelli, les images suggèrent que les deux fonctionnaires « étaient en état d’ébriété avancé » au moment des faits. Ces CRS, nés en 1998 et 1999, appartiennent à une unité de maintien de l’ordre en déplacement dans la cité azuréenne pour intervenir dans les quartiers sensibles.
Après la diffusion médiatique de la vidéo, les deux policiers se sont présentés mercredi aux services de police, accompagnés par leur hiérarchie. Placés en garde à vue, ils ont reconnu avoir consommé de l’alcool, tout en affirmant aux enquêteurs « être restés maîtres d’eux-mêmes ». Ils ont également argué avoir été menacés et insultés en raison de leur qualité de CRS, exprimant toutefois des « regrets quant à leur comportement ».
Au-delà des coups, la justice leur reproche un vol. Alors que la victime était à terre, l’un des mis en cause aurait dérobé des objets tombés au sol, dont le permis de conduire du jeune homme et une somme de 100 euros. Le policier concerné a tenté de justifier son geste en expliquant avoir ramassé des billets en pensant qu’ils appartenaient à son collègue.
Une enquête administrative lancée
Les deux agents, qui n’avaient aucun antécédent judiciaire jusqu’ici, font l’objet d’une convocation par procès-verbal. Ils devront répondre de « violences ayant entraîné une ITT inférieure à huit jours en réunion et en état d’ivresse manifeste et vol en réunion avec violences ». Dans l’attente de leur jugement, le juge des libertés et de la détention a été saisi pour les placer sous contrôle judiciaire.
Les réquisitions prévoient une interdiction stricte de détenir ou de porter une arme, ainsi qu’une interdiction formelle de paraître à Nice. Cette affaire a immédiatement fait réagir au plus haut sommet de l’État.
L’entourage de Laurent Nuñez a indiqué que le ministre de l’Intérieur a demandé au directeur général de la police nationale (DGPN) de diligenter une enquête administrative en parallèle de la procédure judiciaire.
Le rendez-vous est désormais fixé au 1er juin prochain devant le tribunal correctionnel. Ce procès devra faire toute la lumière sur les versions divergentes des protagonistes, alors que les preuves matérielles semblent déjà peser lourdement dans la balance judiciaire.
Ce qui est important
- Deux CRS sont convoqués devant le tribunal de Nice le 1er juin pour violences et vol en réunion.
- La scène a été captée par une vidéo amateur et la vidéoprotection urbaine, confirmant l’état d’ivresse des fonctionnaires.
- Une enquête administrative a été ordonnée par le ministère de l’Intérieur parallèlement aux poursuites judiciaires.
Nice-Presse avec dépêche



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