Le pétrolier Grinch, soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, reste immobilisé dans le golfe de Fos-sur-Mer pendant que les investigations se poursuivent. Le parquet de Marseille a annoncé mercredi la levée de la garde à vue de son capitaine, placé sous enquête pour « défaut de pavillon », après un arraisonnement mené par les commandos marine français en mer.
Un tanker au nom intrigant, un pavillon contesté et une enquête sensible qui s’étire au large de Marseille-Fos. Après plusieurs jours de vérifications, le capitaine du Grinch a retrouvé son navire, mais le bateau, lui, reste cloué sur place, le temps que la justice tranche la suite.
Pourquoi le pétrolier Grinch reste bloqué dans le golfe de Fos-sur-Mer
Mercredi, le parquet de Marseille a confirmé que le pétrolier Grinch demeure immobilisé dans le golfe de Fos-sur-Mer alors que les investigations se poursuivent. Dans un communiqué, il précise que la garde à vue du capitaine a été levée, sans mettre fin pour autant à la procédure engagée.
Le capitaine, de nationalité indienne et âgé de 58 ans, avait été placé en garde à vue tard samedi soir. Cette mesure intervenait après l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet, portant sur un « défaut de pavillon ». L’équipage, également de nationalité indienne, avait été maintenu à bord du navire, au mouillage près du port de Marseille-Fos, au nord de la deuxième ville de France.
Selon le parquet, lundi « peu après 18 heures, cette garde à vue était levée et le capitaine regagnait son bateau, lequel faisait l’objet d’une immobilisation administrative ». Autrement dit, l’homme n’est plus retenu par les enquêteurs, mais le navire, lui, ne peut pas repartir.
Un arraisonnement en mer et des vérifications sur le pavillon des Comores
L’enquête a été ouverte après une opération en mer menée par des commandos marine français. Jeudi, le pétrolier a été arraisonné dans les eaux internationales, entre l’Espagne et l’Afrique du Nord. Le Grinch arborait le pavillon des Comores, un point au cœur des vérifications ordonnées par la justice.
Le parquet avait indiqué dimanche que des enquêteurs devaient procéder à des contrôles, notamment à bord du bateau. L’objectif est de vérifier les documents de navigation et « la validité du pavillon ». Les investigations sont menées par la gendarmerie maritime sous la direction du parquet de Marseille, qui a rappelé mercredi qu’elles se poursuivent.
Le Grinch est soupçonné d’appartenir à une flotte de navires fantômes utilisée pour permettre à Moscou d’exporter son pétrole en contournant les sanctions occidentales. Une hypothèse qui place l’affaire dans un contexte particulièrement scruté, alors que la justice cherche à établir la situation exacte du navire et la conformité de son pavillon.
Une source proche du dossier, s’exprimant sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité de l’enquête, résume l’incertitude du moment : « Nous verrons quelles qualifications seront finalement retenues et quelles conséquences au niveau pénal ». Cette même source indique que le dossier pourrait prendre « quelques jours » avant d’être tranché, et précise que le sort du bateau « fait partie de la réponse pénale en discussion ».
Parmi les options envisagées à ce stade figure une procédure de plaider-coupable à la française, via une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Mais la même source tempère : « ce n’est pas la seule et ce n’est pas forcement celle qui sera retenue ». En attendant, le Grinch reste immobilisé dans le golfe de Fos-sur-Mer, pendant que la justice poursuit ses vérifications.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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