C’est une silhouette familière, plantée face à la mer, que l’on regarde parfois sans trop y penser. Et pourtant… Du haut de ses quinze mètres, la Vénus de Sosno scrute silencieusement la Promenade des Anglais. Elle est là depuis 1988, enchâssée dans la façade de l’AC Hotel Nice, dans le paysage comme une évidence.
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« Ce projet d’hôtel est né en 1986, avec l’architecte Georges-Xavier Marguerita » raconte Nicolas Martin, directeur général de l’établissement. À l’époque, le terrain ne donne pas directement sur la Prom’, ce qui inquiète les concepteurs. « Ils se sont demandés comment rendre le lieu visible, comment créer un appel visuel depuis la mer. »
La réponse viendra de Sasha Sosno lui-même : une œuvre forte, iconique, tout droit sortie de son univers de figures « oblitérées ». L’artiste offre même à l’équipe un petit modèle d’une Vénus qu’il a déjà imaginée. Ce sera celle-là.

Deux immenses statues seront intégrées aux façades nord et sud du bâtiment. Et pour cela, on sacrifie sans sourciller plusieurs chambres avec vue mer. « C’était un vrai parti-pris artistique » assume Nicolas Martin. « L’idée n’était pas de vendre du luxe avec des balcons panoramiques, mais de faire dialoguer architecture et sculpture. »
Si, pendant des années, cette œuvre monumentale fut modérément mise en valeur, tout change en 2019, avec l’arrivée du nouveau directeur et une volonté de « redonner sa place à l’art.»
Festivals de jeunes artistes, expos…
Une mise en lumière symbolique et concrète. « On a nettoyé la façade, mis en place un éclairage spécifique pour que la Vénus soit visible même la nuit, depuis la Promenade. » Mieux encore : des festivals de jeunes artistes niçois sont organisés en 2021 et 2023, et une exposition entièrement dédiée à Sosno voit le jour en 2022, avec le soutien de son épouse, Masha.
« Elle a été très touchée par la démarche. On a déployé ses œuvres dans le jardin, à l’intérieur, tout l’hôtel vibrait au rythme de Sosno. » Et ce n’est pas fini. Pour faire perdurer cet héritage, chaque détail compte.


Lors de la récente rénovation des salles de réunion, l’équipe a décidé de rebaptiser deux espaces : la salle principale porte désormais le nom de « Sosno », un bel écrin vitré, visible dès le hall d’entrée, et les autres tout simplement « Vénus ».
À l’intérieur, des portraits de l’artiste, sobres, veillent, comme un clin d’œil au passé. « Ce bâtiment ne ressemble à aucun autre hôtel de la ville. Il fait partie de l’identité niçoise, au même titre que la Tête Carrée. C’est une œuvre d’art habitée. »



Voilà un véritable artiste, mais malheureusement les élus préfèrent d’autres « oeuvres » … Un bonbon, un cornet de glace, et, tant d’autres horreurs comme (chacun ses goûts), les « ferrailles de Venet ». Que dire de l’horreur du rond point sur la 202 avec des ferrailles marron et jaunes (chiasson ?), du décor là encore d’IPM tordus sur le parcours du tram aux Moulins. Des sommes considérables investies pour le déplaisir des yeux des gens qui apprécient le génie des véritables oeuvres d’art. 🇲🇫