Un excès de vitesse à 247 km/h sur l’autoroute a déclenché une enquête qui a mis au jour un vaste système de fraude sociale et de blanchiment. Quatre membres d’une même famille, installés entre le Var et la Seine-Saint-Denis, sont soupçonnés d’avoir causé un préjudice estimé à près de 1,8 million d’euros au fisc, à l’Urssaf et à la CAF. Ils seront jugés en octobre à Draguignan.
Tout est parti d’un contrôle routier banal… ou presque. Le 14 juin 2025, des gendarmes d’Orange interceptent une Ferrari Portofino lancée à 247 km/h sur l’autoroute. À ce niveau de vitesse, l’affaire ne pouvait pas en rester là. Le véhicule, estimé à 210.000 euros, est immédiatement saisi.
Du contrôle routier à l’enquête pour fraude sociale
Lors de son interpellation, le conducteur affirme que la voiture appartient à sa mère. Les vérifications contredisent rapidement cette version. La sportive est en réalité immatriculée au nom d’une société civile immobilière gérée par le conducteur lui-même, aux côtés de sa mère, de son frère et de sa sœur, tous domiciliés dans le Var.
Sous l’autorité du parquet de Draguignan, la gendarmerie approfondit alors ses investigations. Les enquêteurs mettent au jour un montage financier qualifié de sophistiqué et « des flux financiers considérables liée à une activité commerciale de couverture non déclarée », selon le communiqué du parquet. Aucun détail supplémentaire n’a été donné sur les mécanismes précis utilisés.
Près de 1,8 million d’euros de préjudice pour les organismes publics
D’après le parquet, le préjudice cumulé atteint près de 1,8 million d’euros, au détriment du fisc, de l’Urssaf et de la CAF. Les quatre protagonistes déclaraient des situations précaires auprès de l’administration fiscale et de la caisse d’allocations familiales, tout en affichant un train de vie sans commune mesure avec ces déclarations.
Shopping de luxe, voyages dans des destinations huppées… Les éléments réunis par les enquêteurs décrivent un quotidien très éloigné des revenus officiellement déclarés.
Interpellations dans le Var et en Seine-Saint-Denis
Lundi, une opération mobilisant une cinquantaine de gendarmes a conduit à l’interpellation simultanée des quatre membres de la famille à Roquebrune-sur-Argens, dans le Var, et à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis.
Ils sont convoqués le 27 octobre devant le tribunal correctionnel de Draguignan pour travail dissimulé, blanchiment aggravé, abus de biens sociaux et escroqueries à la CAF.
Les perquisitions ont permis la saisie de trois véhicules supplémentaires, de produits de luxe évalués à 170.000 euros, de biens immobiliers estimés à plus de 600.000 euros, ainsi que de plus de 80.000 euros en espèces ou présents sur des comptes bancaires. Une affaire née d’un simple radar, qui pourrait désormais coûter très cher à ses protagonistes.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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