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À l’heure du tout-numérique, les écrans (télévision, tablette, smartphone) sont partout. Pourtant, pour les tout-petits, leur usage comporte des risques bien réels. Les autorités françaises recommandent désormais : pas d’écran avant 3 ans, même en bruit de fond. Depuis le 3 juillet 2025, un arrêté interdit leur usage dans les lieux d’accueil des enfants de moins de 3 ans.
Pourquoi cette limite stricte jusqu’à 3 ans ?
Les premières années de vie sont essentielles : c’est la période où se construisent le langage, l’attention, les capacités motrices et sociales. Une exposition précoce aux écrans peut interférer avec ces apprentissages fondamentaux. Par exemple, une étude menée en Ille-et-Vilaine a montré que les enfants exposés à un écran le matin avant l’école ont un risque trois fois plus élevé de présenter un trouble primaire du langage. Santé Publique France
Par ailleurs, l’écran induit une posture passive : l’enfant devient spectateur, alors qu’il a besoin d’interagir avec le monde réel et les adultes pour apprendre.
Et après 3 ans ?
Si l’« interdit absolu » est levé, l’usage doit rester très encadré. Entre 3 et 6 ans, les écrans doivent être réservés à de rares moments, avec des contenus de qualité, et impérativement accompagnés par un adulte. Au-delà, l’exposition doit rester modérée, avec des pauses régulières, une surveillance des contenus et une limitation stricte des moments d’usage (jamais avant le coucher, ni pendant les repas).
Les études montrent que les enfants de 3 ans et demi passent en moyenne 1h20 par jour devant un écran, et ceux de 5 ans 1h34 — largement au-dessus des recommandations. Pour les 6-17 ans, le temps d’écran moyen dépasse 4 heures par jour, hors temps scolaire
Quels effets sur la santé et le développement ?
- Sommeil perturbé : la lumière bleue des écrans, surtout en soirée, altère la production de mélatonine, hormone du sommeil.
- Vision & myopie : une exposition prolongée (et de près) nuit aux yeux, favorisant des troubles visuels.
- Déclin de l’activité physique : le temps d’écran remplace les jeux, les déplacements, les interactions, favorisant la sédentarité.
- Troubles attentionnels & cognitifs : l’exposition excessive a été associée à un moins bon développement des fonctions exécutives (attention, régulation, inhibition).
- Impact social et émotionnel : l’écran peut remplacer les échanges humains, réduire les occasions de verbalisation, nuire à la compréhension émotionnelle.
- Exposition à des contenus inadaptés : violence, stéréotypes, publicité ou images anxiogènes peuvent avoir des effets négatifs sur l’équilibre psychique.
Que peuvent faire les parents ?
- Donner l’exemple : limiter vos écrans en présence de l’enfant.
- Fixer des règles claires : moments « sans écran », durée limitée, contenus validés.
- Accompagner les usages : regarder avec lui, dialoguer sur ce qu’il comprend.
- Proposer des alternatives : jeux, lecture, sorties, activités sensorielles.
- Éviter l’écran pour apaiser : ne pas l’utiliser pour calmer, surtout avant le coucher.
En somme, l’écran n’est pas neutre pour l’enfant. Jusqu’à 3 ans, l’interdire est l’approche la plus saine. Au-delà, un usage limité, accompagné et réfléchi permet de réduire les risques et de préserver un bon développement sur les plans cognitif, social et émotionnel.



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