L’adolescent mis en cause dans la mort d’un chauffeur de VTC à Marseille en 2024 sera finalement jugé à Paris, devant le tribunal pour enfants, pour « homicide volontaire en bande organisée », a indiqué mercredi une source judiciaire à l’AFP.
Saisie de l’appel formé par la défense du mineur, la chambre de l’instruction (Chins) de la cour d’appel de Paris a confirmé mercredi matin ce renvoi, tout en retirant la circonstance de préméditation initialement retenue.
Selon cette source judiciaire, « La Chins a confirmé l’ordonnance du juge d’instruction et dit qu’il n’y a pas nécessité à poursuivre l’information », en précisant que la chambre avait « requalifié les faits d’homicide volontaire en bande organisée et avec préméditation, en homicide volontaire commis en bande organisée ».
Le jeune mis en cause devra également répondre de « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes en bande organisée ».
La chambre de l’instruction a ordonné le maintien du mineur en détention jusqu’à sa comparution, sans qu’aucune date ne soit communiquée, a complété la source judiciaire.
Le procès de cet adolescent, âgé de 14 ans au moment des faits, devait se tenir les 20 et 21 novembre, mais la défense avait formé un appel, entraînant le report de l’audience.
L’affaire sera jugée à huis clos par le tribunal pour enfants, compétent pour les crimes commis par des mineurs de moins de 16 ans.
Sollicitée par l’AFP, l’avocate du jeune, Me Coline Grindel, n’a pas souhaité commenter le dossier.
En face, le conseil de la famille du chauffeur de VTC, Me Anne Santana-Marc, a estimé que « Justice doit être rendue maintenant pour Nessim Ramdane », en soulignant que, pour la Chins, le travail mené par les enquêteurs et les magistrats instructeurs était jugé « suffisant ».
Un contrat mortel sur fond de trafic de drogue et de clans rivaux à Marseille
Le 4 octobre 2024, Nessim Ramdane avait été découvert mort, atteint par balle, au volant de son VTC, encastré dans le mur d’une école maternelle à Marseille.
Ce drame avait suscité une forte émotion en raison de l’âge du principal suspect, recruté via les réseaux sociaux sur fond de rivalités entre clans et de trafic de stupéfiants, ainsi que des éléments particulièrement singuliers de l’affaire.
Vers 05H00, le 4 octobre, peu après la découverte du corps et du véhicule, la police avait reçu l’appel d’un détenu de la région affirmant appartenir au gang marseillais « DZ Mafia » et disant avoir commandité un homicide.
Ce contrat devait, selon ses déclarations, répondre à la mort d’un adolescent de 15 ans qu’il avait auparavant envoyé intimider un rival, mais qui avait été repéré, poignardé une cinquantaine de fois puis brûlé vif.
L’adolescent de 14 ans avait alors réservé un VTC afin de se rendre sur les lieux pour exécuter ce contrat. Face au refus du chauffeur de patienter, le jeune l’avait abattu d’une balle tirée à l’arrière du crâne.
Mécontent du comportement du nouveau mineur recruté, le commanditaire présumé avait finalement pris l’initiative de le dénoncer auprès des forces de l’ordre.
Le jeune suspect avait été interpellé dans la foulée. Issu d’un foyer où chacun de ses parents est incarcéré, il était déjà connu des services de police et mis en examen pour des faits de violences, de menaces et de dégradations.
- Ce qu’il faut retenir : L’adolescent mis en cause dans le meurtre d’un chauffeur de VTC à Marseille sera jugé à huis clos devant le tribunal pour enfants de Paris pour homicide volontaire en bande organisée. La chambre de l’instruction a confirmé son renvoi et décidé de le maintenir en détention, tout en abandonnant la circonstance de préméditation. L’affaire s’inscrit dans un contexte de rivalités de gangs et de trafic de drogue, avec un contrat meurtrier passé via les réseaux sociaux.
Avec AFP






