Vendredi, la cour criminelle du Var a condamné Fabien A, un consultant de 28 ans, à seize ans de réclusion criminelle et dix ans d’interdiction de séjour en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Ce jeune homme a reconnu avoir drogué ou étranglé six de ses anciennes compagnes jusqu’à l’évanouissement pour les violer, des faits dénoncés par l’une d’elles après la découverte de vidéos accablantes.
Cinq jeunes femmes ont pris place, mercredi, épaule contre épaule au premier rang de la cour criminelle du Var. Elles sont venues affronter leur ancien compagnon. Fabien A, 28 ans, a écopé vendredi de seize années de réclusion criminelle, bien que l’avocate générale ait réclamé la peine maximale de vingt ans.
La juridiction a assorti cette lourde sanction d’une interdiction de séjour dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour une durée de dix ans.
Le masque d’une réussite sociale parfaite
Le profil de l’accusé dénote singulièrement dans le box. Consultant dans un grand cabinet international de conseil, réserviste de la marine nationale et diplômé d’une école de commerce prestigieuse, il présentait les dehors d’une réussite absolue.
Plusieurs proches des victimes voyaient d’ailleurs en ce garçon le « gendre idéal ». Cette image sociale impeccable a généré une pression familiale qui explique en partie l’emprise subie par ces femmes.
À l’audience, le mis en cause a lui-même reconnu cette sombre dualité : « Il y a un Fabien qui a fait de son mieux, et un Fabien beaucoup plus sombre dans l’intime ».
Des agressions filmées à l’insu des victimes
Dans le secret du huis clos conjugal, le consultant imposait un visage diamétralement opposé, possessif et très insistant sexuellement. Il pratiquait des étranglements lors des rapports, sourd aux demandes de ses partenaires qui lui demandaient d’arrêter.
Cette suffocation poussée jusqu’à l’évanouissement lui permettait de violer ses victimes. Plusieurs d’entre elles ont relaté l’effroi de découvrir Fabien A en train de les pénétrer lorsqu’elles sont revenues à elles.
L’enquête a permis de mettre la main sur son ordinateur personnel. Les policiers y ont retrouvé 26 vidéos capturant les viols de trois jeunes femmes totalement inertes.
Les enquêteurs ont également exhumé des centaines de photographies glanées sur Internet, mettant en scène des femmes inconscientes objets d’actes sexuels. Un comportement que le jeune homme a qualifié de « fantasme malsain ».
Un long cheminement vers la justice
L’affaire a pu éclater au grand jour grâce à l’initiative de Flavie (son prénom a été modifié). En juin 2021, elle découvre ces fameux enregistrements sur l’ordinateur de l’accusé.
Il lui faudra néanmoins attendre le mois de décembre pour parvenir à le quitter définitivement. À l’exception d’une femme qui n’a partagé qu’une aventure de passage avec lui, toutes les autres victimes sont restées plusieurs mois.
Elles ont expliqué aux enquêteurs se penser trop fragiles, trop amoureuses ou trop inexpérimentées pour faire la part des choses face à ces violences.
Flavie réussira à porter plainte un an plus tard. Le déclic salvateur s’est produit sur les bancs de son université, au cours d’un enseignement de médecine portant sur le viol, lui faisant pleinement réaliser la gravité de sa situation.
Sa démarche a abouti à l’interpellation du consultant en juillet 2023. Les auditions ont finalement mis au jour un total de six anciennes compagnes agressées, dont cinq se sont portées partie civile.
Ayant reconnu les faits, l’accusé a ouvert son procès sur une déclaration d’impuissance face à ses actes : « Je n’aurais jamais assez d’une vie entière pour leur demander pardon ».
Nice-Presse avec agence





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