Lancée du 28 avril au 4 mai en Corse, l’opération « Déposer les armes » a permis de récupérer 96 armes et plus de 4.000 munitions. L’initiative vise à enrayer la prolifération des armes à feu sur l’île, où leur détention atteint un niveau record en France.
Une opération pour réduire la circulation des armes à feu
La préfecture de Corse a annoncé lundi que 96 armes et 4.287 munitions ont été déposées dans les commissariats et brigades de gendarmerie dans le cadre de l’opération “Déposer les armes”. Ces armes, détenues illégalement le plus souvent “par voie successorale”, seront toutes détruites, précise-t-elle.
L’objectif principal de cette opération est de “réduire la circulation des armes à feu” sur l’île, où le taux de détention atteignait en 2022 un record de 350 armes pour 1.000 habitants, soit plus du double de la moyenne nationale (150 pour 1.000).
Une présence inquiétante d’armes en Corse-du-Sud
La préfecture de Corse indique également que 45 armes ont été saisies au premier trimestre 2025 en Corse-du-Sud, “soit plus du double que l’année dernière”. Ces chiffres confirment la recrudescence de la possession illégale d’armes sur le territoire.
Deux cas récents illustrent cette tendance. Lors d’une interpellation pour violences conjugales, six armes longues non déclarées ont été retrouvées chez le mis en cause, qui a expliqué les avoir héritées. Dans un autre cas, 11 armes de poing destinées au tir sportif ont été volées lors du cambriolage d’une résidence principale.
Chasseurs et insécurité : un contexte explosif
La forte présence d’armes en Corse s’explique en partie par la passion locale pour la chasse. La Fédération départementale des chasseurs de Corse-du-Sud indique que l’île compte plus de 17.000 détenteurs de permis de chasse, ce qui représente environ “un homme sur cinq”.
Mais ce n’est pas le seul facteur. La Corse reste aussi l’un des territoires les plus violents de France. “L’île est au premier rang national en termes d’homicides rapportés à la population, avec 18 homicides et 16 tentatives en 2024 pour 355.000 habitants”, avait rappelé en janvier le préfet Jérôme Filippini.
Depuis le début de l’année, sept homicides ont déjà été enregistrés, dont six règlements de comptes.
Le préfet appelle à la responsabilité collective
Lors de la présentation du bilan de la délinquance en février, le préfet de Corse avait tenu à rappeler l’enjeu sécuritaire : “Je ne m’illusionne pas sur le fait que les bandits qui détiennent des armes ne vont pas venir à la gendarmerie pour les déposer mais moins il y aura d’armes présentes en Corse, mieux nous nous porterons”.
Un contexte international alarmant
À titre de comparaison, les États-Unis conservent la première place mondiale en matière de détention d’armes, avec plus de 120 armes à feu pour 100 habitants, selon l’institut Small Arms Survey.







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