Cédric Cirasa, le nouvel adjoint au maire chargé du centre-ville, détaille sa feuille de route à Nice-Presse. Ce proche d’Éric Ciotti annonce la relance de la rénovation de la zone piétonne et rouvre le débat sur la piétonnisation à l’entrée du quartier de la Libé. Pour répondre à l’insécurité autour de l’avenue Jean-Médecin et ses rues parallèles, il promet « le retour du bleu dans nos rues » et une véritable « reconquête de l’espace public ».
Nice-Presse : La zone piétonne Masséna est dans un état déplorable : en plus d’être ringarde d’aspect, sa voirie est en si mauvais état qu’elle en devient dangereuse. Christian Estrosi avait ébauché un projet avant les élections, allez-vous suivre la même idée, ou en avez-vous une autre ?
Cédric Cirasa : Je vous annonce que nous ne tiendrons pas compte des deux concertations qui ont été menées par l’ancienne municipalité. C’était ni fait ni à faire. Le projet n’était pas clair, très défavorable aux restaurateurs par endroits, et les gens ont été interrogés à la va-vite. Nous allons tout reprendre.
Notre maire Éric Ciotti estime qu’il s’agit d’une urgence absolue pour notre centre historique. L’objectif, et je le souhaite, serait de mener ce chantier de rénovation très attendu au cours de ce mandat. Nous relançons études et concertations publiques. Notre ambition suivra évidemment les desiderata des riverains, mais les professionnels devront surtout être soutenus.
« Le coeur de ville a une âme qu’il faut respecter »

Il y aura au moins autant d’espace pour leurs terrasses, voire davantage. Et une charte, une harmonie des enseignes, qui n’existe absolument pas aujourd’hui. L’ensemble manque de cohérence.
Ce qui a été fait dans le secteur n’est pas satisfaisant. Qui est ravi des requalifications de la Liberté et de Paradis ? Ces rues sont devenues tristes comme la fumée ! Ça n’a pas été réfléchi. Le coeur de ville a une âme qu’il faut respecter, qu’il faut « penser dans la durée ». Nous ne reproduirons pas ces erreurs avec Masséna.
Le quartier de la Libération a souffert des deux échecs successifs encaissés par les relances de la Gare du Sud. Les Docks de la Riviera sont dans la panade et le marché historique souffre aussi à sa façon. Que dites-vous aux Niçois de ce quartier ?
Que tout ceci est vrai mais que si les tarifs de l’immobilier ont grimpé c’est aussi que la Libé fait rêver, et de plus en plus. Il y a des difficultés. Pour ce qui est de la Halle Raiberti, en effet dégradée, il y aurait l’idée d’y édifier un immeuble, soit en lieu et place, soit au-dessus. C’est un sujet privé sur lequel je ne me positionne pas.
Le marché de la place De Gaulle risque de mourir, c’est un fait. Nous travaillons à l’étoffer, à garder son identité (la vente de denrées périssables) tout en ayant davantage de stands, plus variés.

« L’avenue Jean-Médecin avait été abandonnée »
L’association des commerçants « Coeur de Libé » porte depuis des années l’envie de totalement piétonniser l’axe avenue Mirabeau - Picado jusqu’au pont SNCF, la porte d’entrée de la zone. En 2023, d’après nos informations, une étude de faisabilité avait été concluante. Allez-vous accéder à cette demande ?
Le comité présidé par Romain Filancia a plusieurs très bonnes idées. Nous en discutons, sans être fermés à rien. Cette piétonnisation a sa logique. Mais il en faut pour tout le monde. Je vous confirme qu’une vraie étude concrète sera commandée sur ce point précis. Et si c’est « OK », alors nous consulterons les riverains directement, pour qu’ils puissent trancher, dans le cadre des « concertations permanentes » promises par Éric Ciotti.

Fin 2023, 72 % des lecteurs de Nice-Presse se disaient « mécontents » de l’évolution de l’avenue Jean-Médecin. Que faire ?
Notre priorité, c’est de reprendre l’espace public. On doit voir la police municipale sur le terrain, et c’est de plus en plus le cas, grâce à la réorganisation menée par la première adjointe Françoise Souliman. On ne va pas se mentir, Jean-Médecin, la nuit, ça craint. Mais le jour aussi ! On combat cela. Là aussi, il y a eu un abandon. Respecter les Niçois c’est aussi leur dire que l’on ressent ces problèmes-là comme eux, ce sentiment d’insécurité comme eux. Il va y avoir « du bleu ». Et un travail de fond pour occuper l’espace, avec de l’animation et de nouveaux événements populaires.
Raimbaldi : « les propositions du secteur privé examinées par un jury »
Les riverains du boulevard Rambaldi se sentent abandonnés. Ils paient leur taxe foncière pour vivre dans la « rue de l’urine ». Que leur présentez-vous comme horizon ?
Là encore, je ne vais pas vous dire que tout va bien, ce n’est pas la vérité. Il y a des squats, de la drogue, des personnes alcoolisées et un mauvais climat. Je le sais, j’y étais encore ces derniers jours, à écouter tous ces témoignages. Le boulevard a des atouts splendides, avec ses beaux immeubles et ses orangers. Mais le plan de circulation est absurde, on ferme et referme des épiceries problématiques, il y a des dents creuses et des coins abandonnés.
Un appel à projets avait été ouvert par l’équipe précédente au sujet d’une emprise de libre près du kiosque, comprenant aussi l’espace occupé par la tour de la direction des Parcs d’Azur, désormais vide. Un jury sera bel et bien réuni prochainement pour débattre des dossiers de construction présentés par le secteur privé. On nous parle aussi d’y ouvrir un square communal. Plusieurs solutions sont sur la table. Je demande encore un peu de patience.





Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.