- Vous lisez un épisode de “Le Port Lympia, héritage et transitions”, l’un des dossiers de Nos Quartiers, le magazine qui parle de vous.
Repaire historique et incontournable de notre ville, « Les Puces de Nice » accueillent des brocanteurs et des antiquaires passionnés, au sein d’un marché où il est possible de dénicher des trouvailles uniques.
Une fois à l’intérieur, l’impression est saisissante. Une sorte de voyage dans le temps, qui vous fait oublier pendant quelques instants l’effervescence du Port Lympia, pour vous plonger dans un espace-temps parallèle, où de nombreux objets pourront rapidement vous faire tourner la tête.

« Mais malheureusement, nous sommes encore méconnus des Niçois, sourit avec une pointe de déception Pascal Giacchero, qui tient deux boutiques spécialisées dans l’ameublement de salon depuis trois ans. Nous avons tout de même des jeunes qui viennent. Mais globalement, les gens ne sont plus intéressés par la brocante et les pièces d’occasion. »

« Ils sont plus dans la consommation, sans chercher à comprendre et découvrir la racine d’un objet, abonde Marine Sgarbi, installée ici depuis deux ans et spécialisée dans les vêtements et les accessoires. À la différence de ce qui est vendu sur Vinted, le plus souvent de la seconde main, comme un vêtement acheté et par la suite revendu, je propose du vintage, des pièces anciennes, des marques connues et de belles coutures. »
Un travail en amont minutieux, à son image, de recherches, qui permet un résultat authentique. « Je chine sur internet ou dans des brocantes. Chaque pièce me représente. Il y a aussi les particuliers, qui souhaitent vider leur placard et qui viennent me voir. Je sélectionne tout à la pièce, jamais au kilo, ce qui permet de ne rien avoir d’identique, mais surtout d’avoir de la qualité, loin de cette image de fripe. Les tenues sont tendance. »
Les jeunes antiquaires dynamisent les lieux
Une véritable passion, que l’on retrouve aussi chez son voisin. « Chaque brocanteur est un expert dans son domaine, précise-t-il. Nous racontons l’histoire de nos objets, pourquoi il est à ce prix, d’où provient-il, pourquoi il est ici. En ce qui me concerne, je présente deux types de décorations, l’une plus dans le style campagne chic, l’autre plutôt design des années 1960, 1970. » De quoi retrouver des luminaires, des commodes, des tables, des chaises ou encore de la décoration intérieure.

Une volonté qui est née d’une profonde envie de lancer une entreprise, « sans moyens », après avoir « vidé » sa « cave lors d’une brocante. » Pour Marine Sgarbi, en plus de l’attachement profond qu’elle porte à la mode, c’est aussi un héritage familial qui l’a encouragée. À l’autre bout de l’allée, son père, Pierre Sgarbi, possède lui aussi deux emplacements, spécialisés dans les meubles, comme Pascal Giacchero.
« Je suis là depuis huit ans, lance-t-il, avec cette bonhommie qui le caractérise. Je propose du scandinave, du design italien, du rotin, des tableaux… Avant, nous avions beaucoup de luminaires, des meubles anciens et des miroirs, mais comme il n’y a plus de Russes, il a fallu s’adapter. La clientèle est d’ailleurs très hétéroclite. Nous avons par exemple récemment livré la famille Pastor à Saint-Tropez. »
Un succès principalement dû au bouche-à-oreille mais qui pourrait s’intensifier, dans le sillage de la jeune garde menée par Marine et Pascal.
« Ils apportent un réel dynamisme qu’il n’y a plus eu depuis de nombreuses années, reconnaît James Billet, l’un des nombreux autres antiquaires. Ces jeunes vont permettre aux Puces d’aller de l’avant, en apportant de la modernité et en parlant davantage aux nouvelles générations. » Avec cette féroce volonté de préserver et de faire perdurer le patrimoine niçois le plus longtemps possible.





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