Le parti indépendantiste corse Nazione a réclamé jeudi l’établissement d’un « corps électoral corse légitime », imputant la percée massive du Rassemblement national au premier tour des législatives dans l’île aux électeurs issus du continent installés en Corse.
« Seule la refonte des listes électorales et la constitution d’un corps électoral corse légitime peut permettre d’endiguer cette expression anti-Corse sur notre propre terre », a assuré, dans un communiqué, le parti indépendantiste qui compte une élue à l’Assemblée de Corse.
Le parti, qui a appelé à ne pas participer à ces législatives, affirme que « les citoyens français produits de la colonisation de peuplement expriment dans les urnes des idéologies que nous avons toujours combattues », laissant entendre, comme d’autres nationalistes, que le vote RN serait le fait des continentaux installés en Corse. Il ajoute que ces électeurs « sont soutenus par une frange de Corses atteint du syndrome du colonisé ».
Pour le politologue Arnaud Benedetti, auteur de « Aux portes du pouvoir - RN, l’inéluctable victoire ? », la dynamique du vote RN en Corse « ne peut pas être exclusivement imputable à l’arrivée de nouveaux arrivants » dans l’île qui, « historiquement a toujours eu un vote assez fort » pour l’extrême droite dans les scrutins nationaux, a-t-il dit à l’AFP.
Lors du 1er tour des législatives, le RN a rassemblé plus de 47.000 voix sur 157.000 votants et 245.000 inscrits sur les listes électorales insulaires, se classant premier devant la majorité autonomiste de Gilles Simeoni.
En Corse, jusqu’à cette année jamais un candidat RN ne s’était qualifié pour le deuxième tour des législatives. Le parti n’a pas d’élu à l’Assemblée de Corse.
Mais Marine Le Pen est arrivée devant Emmanuel Macron au premier tour de la présidentielle de 2017 et au second tour de la présidentielle en 2022 dans l’île. Aux Européennes de début juin, le RN a également obtenu près de 43.000 voix, loin devant Ensemble, le parti d’Emmanuel Macron (14.000 voix).





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