Situé à Porra, non loin de Vintimille, le radar non-homologué sanctionne à tour de bras. Mais les contraventions n’étant pas recevables, entre 250 et 300 d’entre elles ont été annulées…
On le surnomme la « cash machine ». Depuis l’été 2023, les habitués, ou non, de la route reliant Vintimille à Breil-sur-Roya ont appris à faire connaissance avec le radar de Porra. Installé à la sortie du village, il est réglé pour sanctionner les automobilistes circulant à plus de 50 kilomètres par heure sur cette ligne droite.
Déjà à son arrivée, certains avaient protesté, estimant que cette zone n’était pas accidentogène. Ils dénonçaient en plus le délai de réception des amendes, ainsi que l’absence de flash. Lors de ses six mois de service, l’outil de répression avait sanctionné à 40.000 reprises, précisent nos confrères de France 3 Régions.
La justice annule systématiquement les contraventions
Mais la précision, et elle est importante, c’est que le détecteur n’a pas été homologué par la justice italienne. De fait, les recours se succèdent sur le bureau du juge de paix de Sanremo. Les conducteurs de France et d’Italie se bousculent pour faire annuler leur PV, et ils obtiennent en général gain de cause. 17 contraventions ont été rejetées voilà une dizaine de jours.
Un total qui monterait à environ 300. 250 serait le fait de l’avocat Marco Mazzola, qui a confié à France 3 Côte d’Azur que « tous les recours présentés par mon intermédiaire au juge de paix ont été acceptés« . Il a d’ailleurs réuni une centaine de personnes début octobre à Breil-sur-Roya afin de faire un état des lieux des démarches judiciaires.
Le maire, lui, subit la situation. Ce n’est pas à la municipalité de gérer cette affaire, mais à l’ANAS, le gestionnaire des routes italiennes, donc à l’État.
Vaste débat au niveau national
Sujets de débat au niveau national, l’appareil de Porra et plus largement tous ses semblables non-homologués font l’objet d’un travail de la part du Ministère des Infrastructures et des Transports, qui penche sur un décret. Une chose est certaine, la surpression du détecteur en question n’est pas à l’ordre du jour. En effet, la municipalité a des obligations vis-à-vis de la société de gestion, un concessionnaire qui récupère 60% des sommes obtenues après versement de la sanction !
Pas de contentieux avec ladite entreprise, mais tout de même une polémique transfrontalière. En janvier dernier, sur ce thème, Alexandra Masson (Rassemblement national), députée de la quatrième circonscription des Alpes-Maritimes, avait interpelé Stéphane Séjourné, alors ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Elle lui faisait part de son questionnement, alors que les procès-verbaux arrivaient avec plusieurs mois de retard, et envoyés par une société de recouvrement basée… aux Pays-Bas.





