La place Masséna sera plus irisée que jamais ce vendredi 28 février. Le carnaval gay fait son retour, avec 400 artistes et bénévoles. Erwann Le Hô, coordinateur du centre LGBT+ de la Côte d’Azur, nous livre son sentiment.
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Racontez-nous les débuts de Lou Queernaval…
Tout a commencé au milieu des années 2010. Christian Estrosi, le maire de Nice, souhaitait moderniser le carnaval. Un militant de chez nous, Jean Louis Longo, voulait proposer un événement LGBT : ces deux volontés se sont rencontrées. La première édition du Lou Queernaval est arrivée en 2015.

Au début, nous n’étions pas structurés comme on l’est actuellement. Au fil des années, on a appris à s’organiser, à s’équiper, mais aussi à comprendre ce qu’est la grande machine du carnaval… On s’est jeté dans le grand bain puis on a évolué au fur et à mesure !
Aujourd’hui, on propose un événement artistiquement spectaculaire, avec une touche de folie. Cette année, on fêtera les dix ans, et la sixième édition. Il y a eu une interruption, notamment avec l’attentat de 2016 ou le Covid-19, ensuite.
Comment s’organise un tel événement ?
Trois associations LGBT locales sont membres du COC (Comité d’Organisation du Carnaval). Au total, nous aurons 400 bénévoles et artistes. En revanche, l’équipe véritablement aux manettes est composée d’une dizaine de personnes. Cet événement se prépare toute l’année !
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On essaie de coller au thème choisi (les mers et les océans cette fois-ci, NDLR) tout en travaillant en étroite collaboration avec les services de la Ville pour la technique. Parallèlement, on a des réunions associatives, et avec les artistes. Il y a à la fois des troupes bénévoles et professionnelles, ainsi que des individuels que l’on sollicite.
Notamment Ginger Bitch, participante niçoise à Drag Race France (le plus célèbre concours de drag-queens, NDLR). Elle sera présente sur un char qui lui ressemblera beaucoup !
À quoi doit-on s’attendre ce vendredi ?
Lou Queernaval fait vivre l’esprit du carnaval avec une un peu d’extravagance en plus ! La différence aussi, c’est qu’en deuxième partie, la place Masséna devient un gigantesque dancefloor. Tout le monde peut descendre des tribunes et danser avec nous !
Concernant les nouveautés, on va déployer des structures lumineuses et gonflables que l’on n’utilisait pas avant.
La chanteuse Santa est notre marraine pour le dixième anniversaire. Nous sommes ravis ! Non seulement c’est une artiste niçoise, mais en plus, elle a toujours porté des valeurs d’inclusivité, de respect de la diversité des genres, d’amour…
C’est une fête avec un message simple : « le monde est ce qu’il est aujourd’hui, il vous apparaît peut-être violent, mais malgré tout ça, nous voulons vivre, danser, faire la fête, tous et toutes ensemble !» C’est ça qui doit l’emporter.
D’après vous, le Sud est-il assez inclusif ? Ou perçu comme tel ?
On vit dans un monde qui est politiquement compliqué, avec le développement de pouvoirs autoritaires qui s’en prennent très facilement aux droits des femmes, et des personnes LGBT+. Et en particulier, en ce moment, aux droits et à l’existence des personnes transgenres. C’est le cas aussi en France.
Concernant Nice, ce que je sais, c’est que nous avons les moyens de faire des choses et de travailler. En tant qu’acteurs associatifs, on innove, on prend en charge les victimes de discriminations et de violences… Avec la mairie, nous avons également créé un dispositif d’hébergement pour les personnes homosexuelles rejetées par leur famille. Ici, on peut le faire.
En savoir +
- L’événement est gratuit mais complet





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