Coulisses, tacles, indiscrétions… Chaque jeudi, RIFIFI, la lettre politique de Nice-Presse. Vous avez une info ? Dites-le nous.
Quelques cartons dans l’équipe Estrosi

C’est acté, la deuxième adjointe de Christian Estrosi ne comptera pas dans un prochain gouvernement municipal, après les élections de 2026. Anne Ramos, actuellement chargée de la prestigieuse délégation de l’Urbanisme et des Travaux, l’a annoncé au maire, elle ne souhaite pas figurer sur la liste. Histoire de prendre du champ, sans acter de désaccord. Plus discrète au cours de ce mandat, sans démériter pour autant, elle s’était particulièrement mobilisée autour du vaste chantier du tramway, entre 2014 et 2020, après avoir commencé ce parcours auprès de l’ancien édile Jacques Peyrat (FN puis RPR).
Pour ce qui est de la liste elle-même, les choses seront en réalité beaucoup plus claires à partir de septembre. Reste que Richard Chemla (3e adjoint, Santé-Ecologie), Agnès Rampal (4e, Euro-méditerranéen) et Martine Martinon (subdéléguée, Sports) ne devraient pas rempiler non plus. La campagne estrosiste en est au début de sa structuration, avec le choix de ses principales chevilles ouvrières. En plus de l’incontournable premier adjoint Anthony Borré, quelques-uns devraient compter pendant la course : Gaël Nofri (23e, transports), Magali Altounian (16e, Europe) ou encore Franck Martin (21e, Commerces). Au moins un tiers de la liste sera « renouvelé », dit-on avec diplomatie. Soit une grosse vingtaine de cartons à scotcher.
Municipale niçoise : déjà une demi-douzaine de listes ?

Silence radio… pour l’instant. Ce samedi, une réunion stratégique est programmée du côté de la France insoumise autour des futures élections municipales. Selon toute vraisemblance, LFI ne se lancera pas sur la ligne de départ avec l’union formée par les socialistes, les communistes et les écologistes, tel que RIFIFI vous l’indiquait la semaine passée. Après ce week-end, les orateurs LFI seront bien davantage présents, sachant qu’au national, le parti veut que les différentes têtes de listes sont connues avant juillet.
En plus de ces deux formations assez attendues, d’éventuellement celle de l’élue indépendante Hélène Granouillac (voir RIFIFI du 05/06) il faudra aussi compter sur celle du conseiller municipal Jean-Marc Governatori (Écologie au centre), qui s’est déclaré hier.
Une dispersion à gauche ? Pas impossible que la droite en fasse autant. En plus du maire sortant Christian Estrosi (Horizons, ex-majorité présidentielle), de son rival presque-déclaré Éric Ciotti (UDR-RN), reste à connaître les intentions de Philippe Vardon (ex-RN). Avec une certitude : l’âpreté des négociations de second tour !
Menton rattrapée par la patrouille (financière)

Au vu de l’actualité judiciaire chargée dans la cité des citrons, certains auraient pu anticiper un rapport plus cinglant. La Cour régionale des comptes rend publiquement sa copie - certes gratinée - ce 19 juin pour ce qui est de la gestion mentonnaise (exercice 2017 et suivants). Les magistrats financiers reconnaissaient « une amélioration d’ensemble de sa situation » et un certain désendettement. Pour supporter le coût de son action, la collectivité a surtout dû vendre les bijoux de famille, même si, évidemment, la cession de biens publics « ne constitue pas une ressource pérenne »…
La mairie dépense encore bien trop pour sa masse salariale, avec des recrutements qui ont galopé — sans parler, avec la formulation polie dont la CRC est coutumière, de la « rémunération d’heures supplémentaires dans des conditions juridiques contestables ». Pareil, ces effectifs bien fournis subissent un « déficit structurel de l’encadrement » : concrètement, l’administration aurait été confrontée à une « instabilité chronique ».
Pas plus amènes, les experts de Marseille dénoncent des « montages contractuels hasardeux décidés dans l’impréparation ». Lesquels auraient parfois été signés « avec trop de bienveillance en faveur de privés », de façon « peu protectrice des intérêts de la commune ». À quelques mois des élections, Yves Juhel a promis, dans un courrier du 16 avril envoyé à la CRC que « la commune a déjà entamé des mesures correctives qui vont se poursuivre ».
LR et UDR opposés à Paris, mais pas à Strasbourg

Laurent Castillo ne se sent pas isolé le moins du monde. « J’ai une totale liberté dans mes votes et mes prises de parole. Je travaille avec les collègues de LR, mais aussi avec ceux du CRE (le groupe de Giorgia Meloni), de « Patriotes pour l’Europe » (avec Viktor Orban, Marion Maréchal, Jordan Bardella). Je ne suis pas un homme de cordon, je suis un homme de ponts » fait-il valoir dans Nice-Presse Dimanche (15/06). Elu député européen l’année dernière sur la liste des Républicains, il avait rejoint dans la foulée Eric Ciotti à l’UDR, et dans sa « coalition » avec le Rassemblement national. Sans être victime d’une exclusion par la droite pour autant : selon le Parlement, il y est toujours, à date, membre du Groupe du Parti populaire européen (Démocrates-Chrétiens). L’UDR et les LR sont donc à couteaux tirés du côté de Paris, et de fait alliés 500 kilomètres plus loin, à Strasbourg. Exactement comme au Conseil départemental des Alpes-Maritimes, où l’on défend un « patriotisme départemental»…
Quels députés votent le moins à l’Assemblée ?

« C’est une activité essentielle des élus : quel député vote le plus souvent ? Qui est le moins présent quand il s’agit de le faire ?» Alors que les parlementaires des Alpes-Maritimes étaient portés au Palais Bourbon il y a presque tout pile un an, les données de DATAN permettent de s’en faire une idée, même si leur fonction ne se limite pas à cela.
Le taux de participation moyen n’est pas exceptionnel, puisqu’il plafonne à 26%. Chez nous, du plus assidu, au plus absent : 27% pour Lionel Tivoli (RN), 24% pour Bernard Chaix (UDR), 19% pour Bryan Masson (RN), 13% pour Alexandra Masson (RN), 13% pour Eric Pauget (LR), 11% pour Alexandra Martin (LR), 6% pour Michèle Tabarot (LR), 6% pour Eric Ciotti (UDR).
La plateforme permet aussi de découvrir les groupes politiques qui sont les plus et les moins représentatifs de la population française. Ainsi, LFI (1e/11) et le RN (2e/11) s’en sortent très bien. C’est moins le cas pour les LR (9e/11) et pour l’UDR (dernier), beaucoup moins « populaires ». Mais aussi avec un groupe moins fourni, évidemment.
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