Coulisses, tacles, indiscrétions… Chaque jeudi, RIFIFI, la lettre politique de Nice-Presse. Vous avez une info ? Dites-le nous. Dernière édition avant la rentrée de septembre.
La croisade furtive de la Région Sud

Le Conseil régional fait parfois du mal aux mouches. Fin avril, la collectivité présidée par Renaud Muselier promettait de « refuser » désormais l’écriture inclusive (par exemple : cher·e·s lecteur·rice·s) « dans l’administration et dans tous les dossiers de subvention ». Au nom de la lutte contre le « wokisme », les associations qui utiliseraient cette graphie risquaient de perdre les aides dont elles bénéficiaient.
Plus de deux mois plus tard, le collectif niçois Viva ! - composé de non-inscrits et d’encartés chez La France Insoumise - envoyait le 20 juin un communiqué dénonçant « une atteinte à la liberté d’expression, puisque écrire avec un souci d’égalité entre les hommes et les femmes conditionne l’octroi de ces subventions ». Y voyant là « des critères politiques et idéologiques d’un autre temps, anti-démocratiques, autoritaires et dangereux », ceux d’une « majorité de droite du conseil régional sous les applaudissements de l’extrême-droite ». Tout en accusant, pour finir : « cette croisade ne peut surprendre : dans l’histoire, ces courants politiques ont toujours été opposés à l’égalité. »
Une croisade qui aura, de toute façon, fait long feu. L’opération de communication ayant mis le feu aux poudres avec le tissu associatif, qui soupçonnait « le retrait arbitraire de subventions », la Région fait finalement marche arrière.
Dans une déclaration dévoilée cette semaine, plusieurs élus de la majorité assurent que « les dossiers ayant fait l’objet d’un retrait [à cause de l’emploi d’une écriture inclusive] pourront être présentés à nouveau ». Une histoire qui a donc fait pschitt, sans point médian.
Les communistes niçois se battent contre « un cadavre »

Avant même le top départ de la campagne des municipales, l’ambiance est déjà à son comble du côté de la gauche et du centre. À Nice, ce camp-là pourrait présenter quatre listes concurrentes : celle des partis traditionnels (PS, EELV, PCF), celle de Viva ! (France insoumise et non-inscrits), celle de l’indépendante Hélène Granouillac et enfin - mais ce n’est sans doute pas fini - celle de l’homme d’affaires et élu Jean-Marc Governatori (L’Ecologie au centre). De quoi énerver les communistes.
« Chaque élection, c’est la même comédie : Governatori réapparaît, tel un cadavre politique décongelé, convaincu que la démocratie est un terrain de jeu pour ses caprices personnels » bombarde Julien Picot, chef de file du PCF à Nice.
« Pas de programme, pas d’ancrage, pas de collectif — uniquement une obsession pour sa propre image. (…) Il est à la gauche ce que le greenwashing est à l’écologie : une imposture brillante et creuse. Governatori est un habitué des sorties médiatiques absurdes, provocatrices, parfois ridicules, toujours creuses. Mais surtout utiles à la droite locale, qu’il sert objectivement en semant la division. » On l’évoquait la semaine passée : les discussions de second tour promettent d’être folkloriques.
Sécurité : qui met réellement le paquet ?

Ce sera l’un des grands sujets des prochaines municipales : la sécurité ! Dans les Alpes-Maritimes, traditionnellement, la lutte contre la délinquance s’affiche comme la préoccupation principale et déterminante chez les électeurs.
Le Figaro publiait il y a trois jours un classement des communes qui mobilisent le plus de moyens à ce sujet. Il apparaît que les municipalités tenues par la gauche dépensent le moins, contrairement au « top 10 » de ce palmarès, trusté par des édiles de droite (et par la socialiste Paris - en valeur absolue - qui vient de se doter d’une police municipale après des années de refus).
En France, parmi les villes de plus de 50.000 habitants, c’est Cannes qui « agirait le plus fort » : 8% de ses dépenses de fonctionnement 2021-2023 sont allouées à la sécurité, pour 214 euros dépensés par habitant. Antibes se place troisième au national (7,8%, 164 euros), devant Nice, neuvième (8,1%, 128 euros). Le document de nos confrères ne prend pas en compte l’investissement, comme par exemple la trentaine de millions d’euros mis sur la table pour le futur « centre d’hypervision urbain » municipal.
Toujours dans la région, on retrouve parmi les « bonnes élèves » Arles (6e, 7,6%, 131 euros), Hyères (12e, 8,4%, 105 euros) ou encore Fréjus (16e, 7,1%, 98 euros).
Le président des Alpes-Maritimes tire l’oreille de Rachida Dati

Les comptes ne sont pas bons ! Nice-Presse le développait dans cet article : cet été, le conseil départemental des Alpes-Maritimes assure 1,5 million d’euros d’accompagnement au milieu culturel pour proposer 450 soirées artistiques dans une variété de communes. Une façon de compenser les mauvaises manières qui nous sont faites par les Parisiens ?
C’est le sens du tacle adressé par le président Charles-Ange Ginésy vendredi dernier, pour le dévoilement de ces « Estivales » : « il est d’autant plus heureux que la culture gagne aujourd’hui les territoires, qu’elle ne soit plus cantonnée aux seuls cercles » de la capitale. « Le budget du ministère de la culture reste très inégalement réparti : 801 euros par habitant pour Paris, contre seulement 24 euros par habitant en Province. Ce déséquilibre interroge…»
« Car c’est bien au coeur des villes moyennes, des villages et des mille paysages qu’offre la France que la culture retrouve son souffle populaire, sa proximité et sa capacité à rassembler. Et dans notre département, la culture n’est pas un luxe réservé à quelques-uns ». Rachida Dati et Charles-Ange Ginésy partagent une carte dans le même parti, Les Républicains, fallait-il le rappeler. (Cette brève a fait l’objet d’un droit de réponse demandé par Charles-Ange Ginésy le 02/07/2025)
Surtourisme : Airbnb renvoie la balle aux hôteliers

Un palmarès qui étrille le développement de Nice ! Cette semaine, la startup Ville de rêve dévoilait son index du « surtourisme », avec les communes les plus étouffées par ce phénomène.
Sur la Côte d’Azur, plusieurs grandes agglos, et notamment Nice, obtenaient la pire note qui soit. D’après ce « Touriscore », la cité déborderait de bars, de restaurants « auteurs de nuisances » - sans élément pour justifier ces troubles - d’Airbnb pullulant dans les quartiers, et souvent aux mains de multi-propriétaires écartant de leurs appartements les bons vieux locaux. Soit. Mais la plateforme de locations saisonnières n’entend pas se laisser faire.
Parmi plusieurs arguments transmis à Nice-Presse, la firme de San Francisco rappelle que ce sont « les hôtels (qui) représentent près de 80% des nuitées dans l’UE » qui, eux « alimentent principalement le surtourisme ».
« Leurs clients affluent vers les mêmes zones tendues alors que la majorité des nuitées Airbnb se font en dehors des villes » — ce qui n’est pas le cas dans les Alpes-Maritimes. Enfin, sur l’accusation de prédation du marché immobilier traditionnel, Airbnb assure qu’en France, « 92 % des locations de courte durée sont des résidences principales ou secondaires louées occasionnellement lorsque leurs propriétaires sont absents. Ces biens n’ont pas vocation à revenir sur de la longue durée. »
Un chiffre très général. Mais à Nice par exemple, la vieille-ville et le Port deviennent le terrain de jeu des investisseurs : 50% des annonces sont mises en ligne par des loueurs proposant déjà au moins trois biens différents.
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